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chroniques d'une libertine

Cathy alias Phenix

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Écrivaine amatrice, en parallèle d'un emploi passionnant sans lien avec l'érotisme, passionnée de bien des choses de la vie, de l'humain, des arts, timide mais certainement pas associale (loiiiiiiin de là !!!), le rire qui rebondit de ma bouche à mon regard, je suis donc une femme ordinaire qui n'a rien de trop banal ;)
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May 19

Un concert entre nous (extrait d'une nouvelle)

...

''Il fallait un décor pour un concert entre nous, je créerai chacun surgit de nos pensées communes, où que tu veuilles me prendre, où que tu veuilles m’amanter, je me ferai prêtresse pour mieux devenir temple pour toi.

Le paysage se découpe, pur sous nos yeux, je fais un pas en arrière, laisse tomber la jupe, le tissu glisse dans une plainte d’archet, je détourne mon corps, douce invite de contrebasse qui se fait velours... tu glisses les mains autour de ma taille, vient agacer un sein sous le tissu soyeux, soierie qui bruisse, attente comme un abysse.

Je cambre la nuque, viens inviter ta bouche, qui ose créer une symphonie, d’instruments à langue qui danse, me voilà partie pour une folle gigue, je tremble lorsque tes doigts tirent sur le nœud du lacet lascif, vibre quand tu retires de chaque œillet le ruban impavide, qui se refuse parfois à se laisser défaire. Je sens chaque frôlement sur la peau qui se dénude, toi encore vêtu dans mon dos et moi qui sors de ma chrysalide, accouchée d’elle par tes mains fougueuses qui s’affolent, empruntent des routes insoupçonnées, qui laissent mon derme conquis et désolé de devoir patienter encore… et pourtant que la partition est belle dans cette attente pleine de sons qui se dévoilent, de mon corps qui se languit et fait frissonner un violoncelle langoureux.

Le bustier ne lâche pas prise, tu luttes sans lutter, je deviens excessive, chantonne une mélopée, me joins à la mélodie qui se dessine, laisse s’envoler une note vocale primitive lorsque d’une pichenette tu fais réagir un petit pic, enfilé entre mes cuisses, la paume de l’autre main étoilée à travers le tissu, sur un sein dont le derme entier se hérisse, la pointe se pointe et viens se tendre contre ta paume… je crie, je suis nue des pieds à la taille, et toi, de nouveau qui batailles, enfiles la main plus loin, glisses entre la texture tissée et la peau qui s’offre, vierge de la couleur de la nuit.

Drapée, revampée de la soie qui se fait douce, emprisonnée pourtant dans le bustier qui ne souffre aucune libération encore. Je tremble, tu dis, ‘’ Cat, aimantes-moi, fais-moi écouter tes rythmes, fais-moi vibrer, laisse-moi jouer ta musique, laisse-moi enfler sous tes doigts et m’enfiler dans ta gamme, tracer tes partitions, s’envoler des notes que tu ne soupçonnes pas encore, tires de moi des sons que tu ignores, deviens païenne que je tire de toi toutes tes émotions mélodiques, joues à mon oreille la musique qui te fait, emmêle nos plaisirs pour un duo lyrique…

Je plonge mon regard dans le tien, me fonds, comme chaque fois que je m’y noie, et clos les paupières une seconde lorsque tu m’attires à toi, assis sur une pierre plate qui donne sur le vide, tu es soudain nu sous la lune, la magie opère à te libérer de toute entrave et me voilà harnachée comme une femme de petite vie.

Le lacet croisé laisse entrevoir ma chair, le dos mis à jour de manière furtive, tu t’impatientes, me fais venir sur toi, me retiens aux hanches, me guides et te plantes sans façon, le regard direct, les mains fermes. Je sursaute, tressaille, te laisse envahir chaque recoin, tu bouges le bassin… fais valser le mien, j’aspire avec urgence, te sens au creux de moi, ressens les rythmes de ton corps, du mien, intensément...

Il n’y a pas de symphonie sans ta peau, pas de musique sans ta bouche, pas de vie qui court dans mes veines sans tes yeux... composes, Montagne, composes... je murmure, tu retiens mes hanches, bombes le dos, puis enlace mon corps avec ardeur, plonges le visage dans mon cou, lèches la peau qui s’offre, enfile les mains dans ma cambrure pour rejoindre de nouveau le lien qui me sépare encore de ta peau… tu tires une seconde, attentif soudain, je sens le ruban qui se dénoue, un à un chaque œillet cède la place, tu souris complice, l’orchestre invisible se tait un instant, le silence se fait, le glissement du lien qui se détisse laisse l’air autour marqué d’un son quasi mystique, glisse, glisse, glisse, glisse, glisse…..

Le temps ralentis, glisse, glisse, glisse… combien y en a-t-il ? as-tu l’air de dire, tu soupires, lorsque je remue le bassin avec langueur, que tu trembles en me sentant me serrer sur ton sexe tendu comme un mât envoyé vers le ciel, et pourtant plongé dans le mien, glisse... glisse... glisse... je suis chaque fois le son, vibre un peu plus, me hérisse et il me hante un peu plus… la douceur du satin qui se dénoue, le bustier qui lentement me laisse naître à la nuit, laissant ma peau marquée sûrement, je roule, tangue, me retire, reviens, je te sens en moi, imbriqué, enchâssé, je te veux, deviens impétueuse, puis tu viens poser ta bouche contre mon oreille… ‘’je viendrais quant tu seras nue contre moi petite louve, je te prendrais nue et je jouirais de toi’’… je suis sur la brèche, crie, avide, me retiens, … glisse... glisse... glisse….

Glissement de ruban sans fin, je tremble, m’excite, me tends et cabre, et voilà que cela glisse pour une dernière fois… je le sens à ton regard qui dit ‘’Enfin ”, au relâchement de l’emprise du tissu sur mes seins, sur mon ventre, je me plante avec ardeur, fougueuse, soudain animale de trop d’attente, tu fermes les paupières, je souris de bonheur, retiens un cri, respire la peau de ton cou, me noie de délice, me drogue d’elle, me tends de plaisir et grimpe un peu plus, mes mains accueillent tes joues, ta nuque, glissent dans tes cheveux, je suis attentive au plaisir qui vient, à tout frottement qui se fait d’une intensité incroyable dans le bouleversant moment

Tu m’enlaces avec force, envoies ta queue comme percer mes tréfonds,  te calmes une seconde, me dis combien c’est chaud, doux, fou, bats des cils,  t’émerveilles autant que moi, t’époustoufles de me voir à bout de souffle, t’étires comme un chat, plonge pourtant comme un homme seul le fait en une amante, un loup aux aboies pour louve qui se noie… tu désires, je m’affole, ne retiens pas les mots qui s’envolent, viens, j’ai envie de toi, viens encore, continue, torture infinie que tu me fais vivre, prolonges, plonges, patientes mieux que moi, viens, je ne sais pas ce que je veux, je perds le nord, le fil et la raison quand tu me prends ainsi, possédée si bien.

Le vêtement entre nous bruisse, bruisse, lorsque tu le retires… le laissant choir avec douceur, confiant, et libères enfin mes seins, pointes tendues dans une invite tacite... que tu ignores pourtant un moment… Glisse, plumeau sur caisse qui me hérisse, autant que l’attente, sans fin, glisse… Vaya con dios n’a rien à y voir, le bruissement langoureux continue et te guide dans tes mouvements de bassin, coups de reins impatients, tu aspires le mamelon entre tes dents, titilles, mordilles… je me tends, électrique, tu tètes, je vibre, tu re-mordilles, je ferme les yeux, tu aspires, je me cambre, de la langue tu visites, je tremble, tu souris, je vibre, tu réagis, je glisse une main entre nous, joue de mes sens en parallèle, son qui déchire la nuit, ma voix s’y emmêle, tu ouvres les yeux, observes le mouvement de mes doigts, apprends de ma science de moi alors que tu sais me faire vibrer comme personne … je te sens qui t’enfiles, mon clitoris qui s’électrise, mon ventre qui se noie sans faille, faille qui enserre, enlace, retient, pic qui réagit, se fascine, se façonne, se pointe et me rend jouissive.

Je cède, devient anarchique, tu gonfles, je tremble, tu te tends, je m’empale, animale, je quitte mon pic magique du bout des doigts, ton pubis le rejoint, gâte et excite mes sens, mon corps et ma raison… Fusionné dans le corps à corps, au-dessus du vide qui aspire au vertige des sens, je sens le plaisir brut qui me cueille, et dure, dure, absolu frisson, tout tournoie, je me tends, resserre mes parois, ton ventre contre le mien, ta peau qui se jumelle, et ta bouche qui appelle, tes yeux qui me disent tout, qui s’écarquillent, fragile instant qui perdure, toi en moi, toi en moi et moi tout autour, c’est fou, je jouis de toi, viens ma Montagne, viens prier dans mon temple, viens ma stalagmite soutenir mes délires, viens mon étoile filer dans mon ciel de femme, viens mon homme jouir de mon con comme je m’extase de toi, prends-moi comme je te prends tout entier, amant et loup, viens… sois toi et viens juste là toucher mon âme du bout des doigts.''

 

Londres pluvieux.

C’était un jour pluvieux, comme souvent à Londres. Je me tenais derrière le comptoir d’accueil de la galerie d’un ami peintre qui m’avait demandé de garder les lieux quelques heures à sa place. Je m’ennuyais ferme, les coudes posés sur le plan de bois acajou, le menton négligemment posé sur mes mains en coupe. Et c’est ainsi, dans cette pose assez rare chez moi, que je la vis franchir le seuil. J’en fus bousculé, choqué, désarmé et …béat. Je demeurai ainsi jusqu’à ce qu’elle s’enfile entre deux panneaux présentant des toiles colorées aux dimensions imposantes, ignorant ouvertement ma présence.
J’étais seul depuis un long moment, les Londoniens ayant sûrement préféré la chaleur de leur foyer à cette heure indispensable à leur réputation, celle du thé.
Seul donc, je me morfondais lorsque la porte s’ouvrit sur un courant d’air, laissant pénétrer de l’extérieur une odeur de pluie, de terre et de bitume gorgés d’eau. Ensuite me parvint sa fragrance, emmêlée à toutes ces odeurs étrangères à ce qu’elle était, mais qui la révélaient. Fleurs. Fleur et fauve. C’est ainsi que je la perçus dans ses fragrances de femme énergique.
Elle secoua une courte chevelure brune, dont les mèches affolées laissaient échapper quelques gouttes sur le col d’une veste de jean cintrée. De loin, alors qu’elle s’ébrouait comme un jeune chiot malicieux, je regardais l’une d’elles s’enfiler joyeusement dans un V suggestif, plongeant mon regard plus bas. Je glissais telle la goutte entre le sillon de ses seins, fente tentatrice pour un aventurier appréciateur des générosités féminines… Un bustier travaillé soulignait l’ampleur de ses formes pulpeuses, féminin et suffisamment révélateur pour que je me sente attiré comme un aimant par ce bout de femme au naturel désarmant. Je ne vis pas son visage, trop occupé à détailler son anatomie qui s’offrait avec délices à mes pupilles affolées et envieuses… Ses rondeurs se révélaient magnifiquement, plantureuses à souhait. Je restais figé. Elle disparut de ma vue, replaçant ses boucles sans se soucier de quoi que ce soit d’autre autour d’elle.
L’image que je gardais d’elle me fouetta les sangs et titilla ma curiosité. Je me levai en silence, excité comme jamais, glissant jusqu’à l’encoignure la plus proche me permettant de l’observer encore et, pourquoi pas, oser l’aborder.
Elle me réapparut enfin, nymphe de chair plongée dans la contemplation d’une œuvre gigantesque. Elle se découpait sur le fond coloré comme une flamme vive, et je me rendis compte que je me sentais comme un papillon de nuit prêt à sacrifier ses ailes pour ressentir une fois au moins la chaleur d’une telle flamme. Le désir, le réel désir, impérieux et fort, magnifique, venait de naître en un clin d’œil pour cette inconnue plantureuse.
Je me sentais me gorger dans mon pantalon, dressé au garde à vous, les doigts fourmillants d’impatience de parcourir les courbes de la sublime chute de rein, de palper la chair de ses seins lourds et souples, de courir sur la peau de ses cuisses, de s’agripper à la peau de ses hanches pendant une étreinte torride.
Elle se retourna, découvrant dans mon regard ce qu’elle inspirait à mon corps. Elle eut un sourire simple et doux, un peu canaille, puis retourna à la contemplation de l’œuvre, me laissant redécouvrir son dos et ce qu’il m’inspirait de délices.
Ah! La voir se cambrer et s’ouvrir, voir sa bouche si rose et si pleine sourire encore en appelant mes caresses, murmurer des mots sans suite, perdant le nord. Et moi je perdrais le fil sous son regard sombre illuminé soudain puis voilé enfin sous la montée en volutes du plaisir et l’ivresse de nos sens.
Sentir ses mains petites et agiles, si féminines, saisir mon membre tendu, la regarder monter et descendre de tout son long, la hampe raide et la pointe qui suinte agacées de tant de délires, goûter la peau de son cou et de son con, me perdre et la perdre…
Pensées sensuelles, pensées lubriques, je ne connaissais pas son nom, je ne savais rien du goût de sa bouche, et pourtant je venais de tomber en état de désir intense pour elle.
Elle se retourna de nouveau, son regard posé sur moi, ni timide ni audacieuse, elle pencha la tête sur le côté droit, m’observant à son tour, nonchalamment, une moue charmante plissant ses lèvres qu’elle ouvrit avec une lenteur quasi délibérée, me laissant deviner quelles délices elle pourrait m’offrir si, par hasard, elle daignait m’en faire don.
Je venais de rencontrer Cat, ma louve, ma féline, mon obsession et ma passion… Je venais de rencontrer une amie, mon amante, et moi un homme parmi tant d’autres, puisque ma Louve féline est aussi une libertine, libre et libertaire… Mais vous conter tout ce qu’elle est en une fois ne serait pas juste pour mon corps et le vôtre, puisque la décrire ainsi déjà m’inspire, je vous quitte et vous reviendrais, qui sait, bientôt pour vous la raconter … sauf si vous désirez vous la raconter ??? !!!

April 30

Flamme

Extrait d'une nouvelle:

''...

Nous approchons de nouveau du ponton, je peux sentir la chaleur de tes doigts enlaçant les miens, je la quitte pourtant, me précipite en avant, cours quelques mètres à perdre haleine, comme pour me secouer de ces derniers instants enfouis pour toujours en dedans... comme nous, une minute auparavant, enfouis sous le couvert d’arbres observateurs, spectateurs nourris de nos rires, de nos moments de silence, si rares et si beaux, imprégnés de nos regards, de nos non-dits, de cette émotion non contenue que tu libères en rattachant ton passé, ton vécu, ton savoir à ce lieu quasi mystique, à cette manière de me dire tout ce que tu contiens au creux de toi, de leçons de vie à émotions tout court.

 

Je cours sur un tapis d’herbe tendre, qui me rappelle le velouté de la mousse.

J’ai le corps entier qui fourmille, de cette énergie de druides qui nous vient de la nuit des temps, je me sens païenne, icône de femme, un brin sorcière qui revient à ses racines de nature, les a enfilées comme une multitude de perles sur le collier de son corps. J’en égrène le chapelet, remue les doigts de pied, sent remonter un courant chaud qui me traverse le corps de part en part, passant tranquillement au cœur de ma féminité, fais frissonner le derme tout autour, se répand comme une traînée de poudre, pourchasse et fait se dresser les poils de mes bras, la pointe de mes seins, je savoure, c’est comme une extase intense, féerique et pourtant brûlante comme l’enfer.

 

Je cesse mes pas, retiens mon souffle, subis la lente montée, la torture qu’elle inflige, le remous magnifique qu’elle provoque, onde de choc des désirs humains. Je me retiens à la terre en dessous, en écoute le chant rythmé, sourd, qui m’interpelle, qui me dit, regarde-le, observe-le, et je me retourne, te surprend immobile, comme enchaîné sur ce fond de forêt qui te garde encore en son creux, tronc d’arbre solide qui te rattache à lui, comme pour me dire, je le garde, mais je comprends que le courant, eau vive qui circule en moi depuis la nuit bien loin en dessous, méandres de l’eau qui serpente sous la terre, anonyme et pourtant tellement là, passe de cet arbre, à l’écorce si rude et au cœur si doux, il appelle, interpelle, donne écho au battement de cœur qui résonne, syncopée primitive, en moi, et en toi.

 

Tu es comme l’arbre, te confonds à son écorce, t’en sers de support et puises toi-même à sa source. Le sens-tu ou ignores-tu encore ce que te crie la nature tout autour.

 

Je te sens inquiet de me voir approcher mes pas, de me pencher sur ton corps d’ordinaire si grand, tu es comme lié au tronc, je voudrais en traverser la trame pour réussir à toucher plus loin que ta peau, pénétrer dans tes propres méandres, t’arracher des mots qui seraient silence et cris, provoquer la vague qui déferle. Je pose mon front tout contre le tien, ferme les yeux, respire ton odeur d’arbre, de feuille, d’humus, d’homme.

Grisée, saoule, j’ai faim, jusqu’en dedans des os, jusqu’en dehors du temps. Suspend. La brise n’est rien face à ton souffle qui cesse un temps, 3 mouvements, tes mains enfin sur moi, sur ma nuque s’est posée celle qui écrit, chouette indocile elle palpe la peau tendre du cou, sans aménité et pourtant empreinte de douceur, forte, l’autre visite une épaule, ma main chamailleuse s’en va délivrer une caresse légère sur ta joue, mon pouce embrase une paupière, se délecte du mouvement de tes cils tout contre son empreinte, puis la main s’envole, se faufile, s’enfile jusqu’à ta propre nuque, tisse un lien de ses doigts dans tes cheveux.

Les doigts me fourmillent comme tout à l’heure, le courant qui s’enracine, remonte le long de mon bras, jusqu’à l’épaule, suit le chemin de mon sang, qui pulse étrangement comme gourd et épais, ralenti.

Ma main qui écrit, elle, veut aller chercher le contact de l’arbre autant que de ton dos, elle se glisse, aventurière étoile de chair, pénètre les méandres rugueux de l’écorce, ces chemins qui ont pris naissance dans le vent, le froid, le gel, le soleil, luttant, imposant leurs sinuosités à la nature, malgré ses concessions si grandes face à elle, offrandes de sève et de bois.

 

Le lien électrise, je me sens soudain comme flamme, et voici que se dépose ta paume sous le coton du chemisier, elle va avec paresse parcourir ma peau, s’en servir de faire-valoir, y instiller des flammèches vives, s’en va visiter ma cambrure et je gémis à l’instant même du retrait soudain qui la saisit.

 

Je ferme les yeux sous un plaisir presque pervers et pourtant si naturel qui me prend jusqu’à la gorge, je vibre et ondule comme une flamme rebelle qui tente de propager son feu d’une étincelle à une brindille.

Je retiens de nouveau mon souffle, abreuve mon désir de pouvoir te faire ressentir cette pure montée de plaisir, de ce petit bout de peau embrasé sous tes doigts, qui enfle de l’intérieur, se propage, se tord, distend, crépite, je lève les yeux vers les tiens, tu t’es redressé sous la morsure spécifique, mon regard embrumé, le tien surpris.

Je te souris, approche ma bouche tout près, très près, trop ? Tu bats des cils, clos tes yeux, tu sembles étonné de ma soudaine ardeur toute femme, j’entrouvre mes lèvres, approche et laisse passer un souffle chaud, chaud comme un vent de désert, suave, doux, de mes lèvres aux tiennes.

Tu aspires, fumes ce petit vent qui te parvient ainsi, volute de désir... je vais cueillir tes mains qui se sont évadées de ma nuque et de mes reins, les guide, les dépose, les retiens. Je sais que tu crains la nouvelle morsure, mais te rassure, si je brûle, c’est en dedans, sens ma flamme, nourris-t’en, fonds, observe combien nos corps s’adonneront à une lutte charnelle, viens alimenter ce feu qui enfle, brasier commun, alimente-le, souffle sur mes braises, rougis-moi comme le feraient mes joues sous les râles d’un autre plaisir, rejoins-moi, ne lutte pas.

Ta main épouse de nouveau mes reins, la cambrure qui s’accentue soudain, la brûlure intense qui me traverse et dont j’ignore tout de l’origine, simplement de ne pas en craindre la tourmente.

Je voudrais que nous fassions l’amour ainsi, comme un feu de forêt impétueux, grandissant sous le vent, avide de plus dans ses plaisirs, impétueux et tendre, cruel parfois dans ses morsures et passionnels dans ses baisers de braise.

L’écorce sous mes doigts me grise, ta peau répond, réchauffe mes tourments, ta bouche tout contre la mienne, presque embrassées, coins qui se frôlent, s’ignorent et se tentent. Je me bats contre l’idée, renoncer ou bien prendre, laisser s’échapper ou me laisser prendre.

 

Bataille qui se joue, guerre qui se répand, je ne veux pas ainsi, pas maintenant, je retiens de nouveau, musèle mes sens, juste assez pour sentir se cabrer la source de lave, l’impétueuse se braque, prétend presque me faire céder, me tendre, je frôle de nouveau ta bouche, lutte, effleure la commissure du bout de la langue, mordille la pomme d’Adam, plus bas, agace puis lutte de nouveau, je reviens à tes lèvres, y puise une nouvelle énergie sauvage, fougueuse, je ne cède pas, réapprivoise la source, la laisse devenir ondée, la flamme se retirer lentement, cendres soudaines qui me laissent vide, je tremble, il fait froid tout autour.

 

Je reste comme une poupée de chiffon, quelques secondes, le visage collé tout contre ta peau, au creux de l’épaule, je me nourris de ton odeur de vanille pour reprendre mes esprits et tenter de comprendre tout ce qui vient de se passer. Ma chute de reins me brûle, j’y sens comme un chemin s’y dessiner lentement, lancinant, tu retires ta main, je me retourne, observe le lac placide, entends son chant si doux, je me dirige là comme une automate, je sens tes yeux suivre le mouvement de mes hanches, le remous qui accompagne chaque ressac de l’eau plus loin. Je laisse tomber la chemise, le bruissement léger, aérien, libère le papillon mutin, je laisse tomber les jeans, les galets ronds sont doux sous mes pieds, j’avance fébrile, un pied dans la tiédeur aquatique, puis bientôt, l’eau rejoint mes genoux, chatouille mes cuisses et cerne mes hanches. Je suis là, Femme en paix autant qu’en tourmente, païenne, nue sous la lune, dos à un homme que je désire, qui me consume comme un feu tenace et pourtant serein...''

March 31

Le boudoir

Je l’avais feuilleté longuement, tournant les pages, revenant sans cesse aux premiers mots de ce chapitre, que je lisais sans le lire vraiment, soupirant, pour une fois, de ma solitude, ici, dans mon espace tendu de rouge invitant et intime à souhait, soupirant comme chaque fois que je sais combien la réalité apporte de magnifiques instants que la lecture ou l’écriture n’apportera qu’en une dilution délicate et délicieuse mais jamais aussi précieuse et vibrante qu’une peau contre la mienne.

Les mots m’échappaient, roulaient sous mon regard pourtant habitué de jongler d’eux comme lorsque je les écrivais, comme lorsque je les laissais créer des scénarios de ma tête à mon con, pulsant comme un cœur sous mes doigts, dans mes dérives solitaires.

J’ai entendu un effleurement léger de l’autre côté du battant, à peine perceptible mais parvenu à mon oreille comme le signal de votre présence, inattendue et cependant souhaitée.

J’ai continué un court moment ma lecture distraite, voyageant doucement d’un doigt léger dans le V du décolleté soyeux d’une fine chemise de batiste gracile, fendue devant, me voilant comme une capeline le ferait, retenue sur ma poitrine par un ruban de velours aussi rouge que celui du lourd rideau derrière moi.

Les flammes des bougies ivoirines ont vacillé, comme mues d’une vie propre, j’ai retenu mon souffle, espéré percevoir vos mouvements derrière le lourd battant de bois. J’ai inspiré ensuite, longuement, sentant, au-delà de la douce odeur de papier, des bougies, de mon propre parfum léger de lilas, de jasmin et de rose, essayant de percer votre fragrance masculine, d’après-rasage peut-être, de grand air, de vent, de peau... me fiant à mon odorat comme toute olfactive qui se respecte, comme la Grenouille le ferait dans le Parfum de Patrick Süskind, l’un de mes romans favoris...

J’ai senti mon ventre se contracter, mes seins se tendre sous le tissu aérien, mon désir se révéler à moi en une chaleur intense irradiant de mes tréfonds et allant s’étaler lascivement jusqu’à la moindre particule extérieure, jusqu’à rendre ma peau fourmillante et réceptive.

J’ai ressenti l’envie d’aller visiter mes paysages, comme j’aime le faire, avec cette nonchalance qui pourrait me caractériser si je n’étais aussi vive le reste du temps, si je n’étais si impétueuse dans mes moments amants, douce et fougueuse tout à la fois.

Avant même d’avoir posé le livre sur le tissu velouté du fauteuil, j’ai senti votre attention se préciser, votre présence observatrice, alors que je vous imaginais découvrir par le trou de la serrure la scène et la pièce chaleureusement intime où je me trouve.

J’ai souri en me remémorant ces romans tirés des rayons des Enfers de la bibliothèque de France, ces grands auteurs qui firent de l’érotique des lectures vendues sous le manteau, cachées, taboues et pourtant si belles envolées de désirs, de plaisirs, de gouaille, de friponnerie... d’ardents vocabulaires lyriques révélant une vie libertine à souhait dans des temps où le sexe et la sensualité ne se disaient pas, se devinaient à peine, ne se vivaient avec volupté et ardents plaisirs que dans les salons libertaires...

J’imaginais ainsi le regard d’un baronnet découvrant une femme à la Rubens, alanguie sur un lit de jour, un livre déposé à ses côtés, à peine vêtue, encore chaude de désir solitaire pris d’une main indolente ou venant tout juste de sortir d’un long bain chaud dans un immense bac de cuivre, courtisane ou prude jeune femme, qui le sait ?

J’ai rougi alors, mais j’ai poursuivi ma visite avec à peine une seconde d’hésitation, enfilant mon index sous le nœud, allant jouer avec un bref moment, avant d’aller défaire l’attache, lentement.

Laisser s’évader le tissu pour le faire glisser sur mon épaule ronde, à la peau laiteuse et douce, que je frôle d’une empreinte curieuse et pourtant connaisseuse du moindre de mes recoins.

La chemisette effleure le derme, la soie d’un sous-vêtement lacé, puis glissant, révèle le soutien-gorge coquet, faisant se soulever ma poitrine à chaque inspiration et s’approfondir la vallée soyeuse de mes seins.

Je remonte ma jambe gauche, genou plié découvert totalement, cuisse ample qui s’évade, je dépose mon bras gauche dessus, prends la pose, cambre la nuque, laissant le dossier du fauteuil retenir ma tête, mes boucles courtes et sombres contrastantes avec le rouge ardent.

Le chemisier glisse, s’étale sur le fauteuil, laissant à pleine vue mes valons, les courbes de mon corps fait de pleins et de collines, de volupté.

Je ferme les yeux, soupire, glisse le doigt sous une bretelle, la laisse dériver, je sens mes pointes se contracter, au centre d’aréoles en révolte sous la soierie devenue prison.

Je laisse ma main entrer délicatement sous le tissu, dans le bonnet, cerne l’ampleur du sein entier ainsi choyé de ma paume, emprisonne le mamelon érigé entre mes doigts, le pince délicatement, titille.

Je tire un peu, entre pouce et index complices, tentant d’imaginer la douce morsure de votre bouche, aspirant, tétant ou mordillant, selon vos envies et les miennes, révélées par mes râles et mes souffles saccadés, par la cambrure de mes reins, par mes mains allant s’égarer sur vos épaules... par ma bouche entrouverte, accueillant un baiser, recueillant votre langue, l’enlaçant de la mienne, avec un frisson se répandant à tout le corps...

J’imagine notre duo, presque chorégraphié, vous encore vêtu penché au dessus de moi, ainsi offerte, impudique, rougissante, mais certainement pas prude, dans mes sous-vêtements soyeux, et lorsque j’envoie ma paume voyager sur mon ventre, se diriger vers mon centre de femme, vers mes jardins et mes fontaines de miel, ce sont vos mains que je vois, que je sens, que je conserve sous mes paupières closes, juste avant d’écouter votre voix me dire d’ouvrir les yeux et de vous laisser voir mon monde intérieur, mon univers, à l’instant même où vos mains se feront un chemin, venant glisser entre mes replis de femme, inondée, mais encore close, que votre bouche se régale de ma gorge et de mamelons gorgés, que vos doigts se glissent entre les pans de velours de mes chairs, s’entrouvrant à nos désirs.

Je vous sentirais ainsi, vous touchant de mon imaginaire comme si nous étions amants, vous touchant de ma peau comme si nous nous amantions dans nos imaginaires ou la réalité enfin devenue, que j’enfilerais mes doigts entre les couches de tissus, de chemise autant que de votre pantalon, pressée et retenue tout à la fois, ardente et intimidée tout à la fois, mon paradoxe, que je me gourmanderais de sentir enfin votre peau, vos réactions, vos vibrations, la douceur de votre gland au cœur de ma paume, alors que j’enlace votre hampe en un lent va-et-vient serein et attentif, empreintes heureuses de leurs découvertes... le corps envieux de plus...

 

February 28

Sensualité, sensorialité…

La sensualité est pour moi une merveilleuse compagne, tôt, j’en ai compris l’importance et ses multiples facettes, cette ribambelle de visages qu’elle offre à chacun de ceux qui la perçoivent comme un trait de caractère ancré, inné, instinctif et que pourtant d’autres ne savent pas, bien malheureusement, lire en eux. Je me ressens sensuelle, sensitive et sensorielle depuis que je suis consciente, que je sais exprimer et comprendre les choses de ma vie.
Comment ne pas admirer ce que notre personnalité d’"Épicure" apprécie les bonnes et belles choses de la vie et de la bonne chair, à commencer par nos propres atours, ces corps qui, de différences à ressemblances demeurent le précieux réceptacle de tous nos sens. Un corps, des corps, qui de rond, d’osseux, de long, de souple, de tendre, de nerveux, qui de sombres à d’albâtre, qui d’ici et d’ailleurs, qui de différents à semblables, et qui tous, se permettent de s’aimer "tel quel", précieux et unique dans l’humanité. Qui s’autorisent à entreprendre autant de voyages initiatiques de leurs sens : vue, toucher, goût, odorat, ouïe, sensations et sensualité… sans dualité, tout en nuances et pourtant tout en contrastes.
Que dire de mes propres voyages de sens, de ceux qui remontent à l’âge où les sens n’ont pas de mauvaises raisons de ressentir pour soi, de ceux qui furent les premiers, émois doux ou intenses, qui chamboulent toute raison, et ceux de la femme que je suis, en dedans et en dehors, qui sent, ressent, "sensualise", avec coeur et déraison.
Je remonte le temps et me revois enfant, le nez collé sur la vitrine d’un marchand de jouets juste avant Noël, lorsque les présentoirs s’ornaient de flocons de cotons, de guirlandes scintillantes, de parures magnifiques, voir la beauté d’une simple paillette perdue dans la multitudes de lumières, graver l’image tout au fond de soi et la visionner, la réinventer, la ressentir à l’user jusqu’à la trame.
Je me pourlèche encore les babines de bonbons multicolores, de pâtisseries délicieuses nichées dans les devantures de pâtissiers inventifs, les papilles dérangées dans leur paresse par ce que de monts et merveilles m’offraient mon regard ébahi de personne gourmande et gourmet.
Je me souviens de cette odeur que ma mère avait, de son parfum, qui me donnait envie de me nicher contre elle, protégée et heureuse, de coller mon nez dans son cou et respirer l’odeur de sa peau pour m’en délecter un peu plus, les sens en éveil, câline et presque animale. Aujourd’hui, je m’attendris encore de cette manière enfantine de sentir des fragrances, mais devenue femme à mon tour, je m’en régale, m’en pourlèche, m’en pare, telle une déesse, je m’offre et je fais don de ma propre odeur de femme, de musc et de fleurs, j’en aspire les effluves sur mon poignet, chaque soir, avant de m’endormir et je frissonne lorsque le nez d’un amant vient puiser dans mon cou ce délice avouable entre tous, que mon sens de l’odorat me permet d’apprécier sans vice. Sensuelle jusqu’au bout de ces infimes gouttes disposées ça et là sur mon corps.
Que dire de ce toucher délicat qui suit la courbe d’une fesse, d’une hanche, d’un sein, de ces mains qui glissent et dévoilent, de ces doigts qui ressentent avant même de régaler la vue, de ces dermes qui se frôlent et s’entrechoquent, laissant à l’autre le goût de voyager plus avant, de filer goûter et mordiller, de sentir comme aveugle et deviner de quoi le monde est fait sur un corps alangui, de pouvoir toucher du bout des doigts jusque l’âme des autres et donner à la notre un cadeau précieux, graver en dedans une dentelle, une soie, un tissu pêche et en apprécier par contraste un plus doux, se ravir du velouté d’une pêche avant d’en éprouver le goût.
Entendre la musique d’un bas qui crépite comme une flammèche sous la main curieuse qui s’enfile, s’aventure, des draps qui se froissent, le bruissement d’un vêtement qui glisse, tombe, d’un souffle qui habite mon oreille juste avant mon cou. Le frisson qui court et le murmure indécent qui jaillit, le rire qui perle à l’écoute du bruit métallique et pourtant si doux, fripon, de la fermeture à glissière qui cède. Gémissements, cris… percevoir dehors le chant des oiseaux, une auto qui passe, un avion qui décolle, imaginer s’envoler.
Tout est sens pour qui sait sentir, ressentir et apprécier, la sensualité n’est pas un fait accompli, c’est une recherche à faire en soi, une perception ouverte et presque amante de ce qui nous entoure et nous fait, une expression profonde de ce qui se passe en nous.
Partez à la découverte de vos sens, tous, indépendants et solidaires, la sensualité est tout cela mais avant tout l’art de vibrer et faire vibrer par l’émotion.

December 31

Mosaïque

Ta main effleure de toute la paume un mollet qui se dévoile, je faiblis, tu me colles à toi dans un geste direct, je capitule. Et bientôt, je ne vis plus que par cette paume qui hérisse chacun de mes pores, qui étend sa couverte soyeuse derrière mon genou, tisse un voile de frissons sur l’arrière de ma cuisse, je cambre la nuque une demi seconde avant de baisser mes yeux sur toi, attentif, alors que ta main s’étale souplement sur ma fesse… je frissonne, ferme les yeux, les rouvre, reviens aux tiens…

C’est bon, tu as la main si chaude, ou est-ce que je brûle ? La morsure revient hanter ma chute de rein, tu vas y cueillir une braise du bout du majeur, je te sens retracer le motif qui orne ma cambrure, y instillant le feu aussi bien que l’encre l’y dessine.

J’ai le derme affolé, autant que mes sens, en te sentant étoiler l’autre main sur mon ventre, en suivre les chemins de vie, en apprendre le grain et la douceur, puis aller cueillir un bouton déjà amant et électrique de tes empreintes avant qu’elles ne se posent… je vibre et me tends comme la corde sous l’archet, brûlure spécifique, magnifique.

Et chaque fois c’est comme une première, cela explose en moi, remonte en courant fou jusque dans mon crâne, passe par le cœur qui bat à tout rompre, sourdement, un frôlement me fait envoler jusqu’à l’âme entière, je m’en sens soudain farouche que tu connaisses si bien mes délires que jusqu’alors je suivais seule…

Affolement... j’inspire à coups rapides, avide, tu ralentis, percevant le trouble qui grandit, je tremble, m’agrippe, te retiens.

Comment ne pas envier que tu me saches ainsi, si naturellement, si intensément, continues, continues, perds-moi que je me sente revenir à la vie comme après chaque jouissance que tu provoques et provoqueras. Donnes-moi ton souffle, animes-moi, amantes-moi.

Je me cambre et explose ainsi, sous tes doigts et ton regard qui explore sans faille les remous de mon corps, va les chercher jusque dans mes prunelles, agrandies soudain sur le vertige absolu.

Ce même vertige découvert par toi sous le ciel de février si bleu, si blanc. Le grand silence me saisit, jusque dans mes tréfonds, juste avant que tout ne se mette à hurler mon désir de toi, à résonner de tout ce qui te fait, diapason insensé et pourtant si plein de nos sens, je ferme les yeux sur mon tout, juste après l’avoir partagé avec toi d’un simple battement de cils, éperdue.

Je te veux, syncopée qui s’installe, je murmure, râle, invoque, évoque, tremble et me tais, laissant mon regard exploser mes envies.

Je te veux plongé en moi, je voudrais te respirer et jouir de ton air, de ton plaisir, viens, viens ainsi, ôtes-moi mes parures, prends-moi et amantes-moi.

Alors, l’urgence, notre urgence, qui n’est rien face à ce désir fou et doux, intense... ta peau sous mes doigts fourmille, ta bouche appelle, tes yeux plongent comme tu agrippes mes cuisses, m’attires, m’exposes, m’ouvres et enfin, enfin… me fouilles.

Assis, imbriqués, mouvants, émouvants, fragiles dans notre état d’urgence, pourtant si plein de force, je mords ton épaule, animale, tu cris, surprit.

Je ne peux que venir à toi, te laisser venir en moi plus fort, à vouloir perdre tout fil qui n’est pas nous, à prier nous entourer de tout un chant de désir, de délires, de douces folies qui sont tellement sensées quand je suis ainsi prise, et tellement sensuelles alors que je te prends en retour, enserrant tes hanches, resserrant chaque muscle autour de ton sexe dressé qui entre en un rythme alangui.

Imbriques-moi, ainsi prise et partie prenante, ne bouges plus, restes ainsi que je jouisse !

Cela serpente, bouillonne, part, revient..., je cris, et c’est bien une première pour moi.

Je chuchote puis crie des choses sans suite, des phrases qui sont nous, qui surgissent tout autour et nous parent, nous frôlent, effleurent nos corps et nos esprits, et bientôt les tiennes s’emmêlent…

Une si belle couleur qui se mélange à la mienne, nous voici tableau, mosaïque, le baiser de Rodin me paraîtrait tellement insipide en ce moment, mon amant m’amante, m’aimante, me fait femme, me rend païenne, m’attise, comme ce que tes doigts tracent sur ma peau dans une syncopée magique, tu as ce regard qui dit combien tu veux me voir tourbillonner, me révéler et te dévoiler en retour.

Je pose les doigts à la base de ton cou, effleures, te dessine un motif païen, Greco romain, renaissance, moderne, je te crée un musée à toi tout seul, pour mes yeux aguerris si peu encore de tout ton décorum…

Je délire, pensées follement ardentes qui se dessinent au même rythme que nos arabesques corporelles...

Je pense à ce que je me ferais vitrail pour exploser de tant de couleurs sous la lumière de ton soleil, j’irais effleurer ta stalagmite, prier au pied de ton autel et m’y offrir en sacrifice, je serais cathédrale pour abriter nos rites, de pierres et de bois, de racines qui se nouent, de fleurs et de lumière.

Ouvres grand tes portes, descends rejoindre mes voûtes, explores moi comme je le ferais de tes sites, je te veux ainsi, homme animal et doucement humain, voyage en montagne et lettre en croix de feu sur nos corps éperdus et nos plaisirs retrouvés.

Je jouis ainsi, intensément, magnifiquement, reliée par ton regard qui profite, qui explore, qui remue et rend tout un trésor absolu.

Je m’agite, ondule, monte, descends, incapable de rester plus d’une seconde loin de ta peau.

Ton ventre appelle, tu bascules le bassin comme pour dire d’y revenir plus vite, dès que je me retire de la plage de ton ventre.

Je me laisse aller vers l’arrière, visite ton torse du bout des doigts puis de toutes les paumes, amplement.

Ma bouche envie mes doigts, je souris un peu fauve, tu connais le prix de mes morsures d’amante animale, douces et espiègles... je titille la peau autour de ton nombril, enfile mes doigts plus bas, effleure doucement, les mains prisonnières entre nos ventres siamoisés.

Tu frissonnes, levant le visage au ciel... je rejoins ton sexe, le frôle, enserre la base de l’index et du pouce.

A chaque fois que tu sors de plus de quelques millimètres de mon antre brûlante… enfer et paradis emmêlés, je frémis de ton sursaut, de ton air qui te manque, de ta bouche qui chuchote, de tes yeux qui se laissent déraisonner.

Je te sens enfilé, enserré, accueilli, entre mes parois, nos pubis jumeaux dans la pose, nos poitrines démentes de tant de plaisirs, pour une fois éloignées et pourtant si proches dans l’expression du désir, par nos mamelons tendus dans une invite lascive les uns vers les autres…

Je me redresse, ton torse et mes seins se frôlent parfois, s’égarent et se tentent. Je jouis de la caresse autant que toi lorsque tu viens agacer et provoquer mon clitoris, faufilant ta paume entre nos ventres, excitant mes sens… je te lâche, te laissant presque t’échapper de ma faille, puis reviens te cueillir, comme t’aspirant, te retenant de mon ventre autant que mes yeux… te laissant quitter presque le nid et revenant plus vite t’y planter.

J’aspire chaque soupir contre ta bouche, me sens de feu et ondoie comme un roseau dans le vent, dans l’eau de nos rivières jointes…

Tu agaces le précieux pic de chair, si sensible que je grimpe d’un coup, à peine revenue du plaisir, je m’y noie de nouveau, me retire sous la morsure plus vive que le feu qui brûle et circule dans mes veines.

Tu me retiens, loup aux abois, cueille ma taille de l’autre main, plonges soudain avec force, enserrant mes reins, la paume amante de ma hanche, ancrée, qui me criedu geste « restes je te veux jouissive, viens Cat, viens… ».

Non, crie ma bouche, oui hurlent mes yeux, pas encore conte le reste de mon corps, je te veux longuement, batailles de mes sens, je te veux ainsi comme une cavalière intrépide, dans le vent, maitrisant une monture indocile…

Un rideau rouge derrière nous ondule, vibre… brise qui se répand, tourmente qui apporte son lot de mouvements, je suis son rythme, devient lascive, langoureuse, retiens nos plaisirs, tu quittes mon ventre de la main, et pars rejoindre mon dos, remontes jusqu’à ma nuque, la retiens, je la laisse entière reposer dans ce nid que tu offres, les yeux clos...

Puis tu me ramènes d’un simple mouvement de ventre, emprisonnes mon regard de tes prunelles attentives, et le fais tiens, je défailles... « viens… ».

Je murmure, « rejoins moi, je suis sur le fil, viens ».

J’aspire l’air autour, tout autour, te respire, te hume, te fume, t’aspire comme si ton désir et le plaisir qui est tien inspire mieux encore mon tout et me drogue de ta chair comme de tes délires.

Je viens poser ma bouche sur ton menton, voyage sur ton cou, aspire tes lèvres entre les miennes, goûte ta langue, lentement, me nourris, voyage sur tes joues du bout des lèvres, ne peux demeurer longtemps sans air, sans vie, rejoins ta bouche pour un baiser fougueux, de survie…

« Oh… » murmure et soupir !

« Oh… je te sens te tendre »

« Ohhh qui s’exprime tout contre ta lèvre inférieure alors que plus bas ta queue glisse entre mes lèvres inférieures...

« Je te sens en moi, je te sens si bien, continues… ohhhh » je tremble, tu suis, souffles qui se précipitent, le notre fusionné, les peaux collées.

Petits mouvements, légers, fragiles, tu es juste là où il le faut, juste là où je sens que le plaisir monte, dedans, dessous et tout autour par tes bras égarés sur mes paysages corporels, tu frôles et fouilles, de tes mains qui me guident, des miennes qui te cherchent, de tes yeux qui pénètrent chaque fibre, de mes yeux qui expriment ce que je sais d’or à tout ton corps, de ton mât en moi qui a trouvé mes déroutes.

Je m’emballe, tu raisonnes, je résonne, tu vibres, « ohhh c’est si bon… » soupir, les yeux grands ouverts sur nous, sur le mouvement léger de la tenture rouge qui continue de se mouvoir sous la brise, complice de notre corps à corps.

Regard sur les colonnes et soudain vers le ciel loin au dessus, tout un ciel, une nuit d’étoiles, la voie lactée en toile de fond, qui jure par sa beauté et son naturel et explose sur notre décor sobre mais pompeux, un peu Pompéi… lave qui s’écoule, en nous… en moi, miel qui s’écoule, me noie,  te nimbe et t’aspire dans mes vertiges des sens.

Je jouis de nous sous le ciel noirci, illuminé soudain par une nuée d’étoiles qui filent annoncer au reste du monde nos plaisirs emmêlés...

Tu happes l’air, fermes les yeux juste après que j'ai pu jouir un peu plus de ton regard enflammé, de nous fusionnés et pourtant si simplement chacun.

Tu me serres avec fougue, une main accrochée à mes boucles, sur ma nuque et l'autre entourant amplement ma taille, me retenant entière contre ta peau.

Chacun visite de la bouche ce qui peut l'être, la tienne, tout contre ma poitrine, happe un mamelon au passage, l'aspire, le tête, mordille, je me tends un peu plus, tu plonges une dernière fois, comme retenant le plaisir ultime, planté, et moi comme fourreau de ton épée... gorgée, brûlante, autour de toi.

L’univers explose, virevolte, je tombe, m’enflamme, t’enlace, crie le plaisir, l’ultime délire, appelle et subis la vertigineuse perte de nord, sans perdre de vue nos corps, sans perdre ne serait-ce qu’un seul de tes spasmes, qui me fait jouir tellement plus.

Surpris, comblés, essoufflés, chute libre à peine franchie et souffles encore précipités, nous repartons cartographier nos corps, en douceur, bouche contre bouche, peau contre peau, seins contre poitrine, ventre remués de délires encore là, le plaisir stagne, demeure, enfoui en moi et grondant, prêt à rejaillir au moindre attouchement, et soudain, le monde semble reprendre vie tout autour, brouhaha qui se répand et enfle, et nous ébahis bientôt.

Tu fixes quelque chose sur le sol… je tourne le visage, observe la mosaïque ornant le sol de notre habitat provisoire, elle représente un oiseau de feu, intense, de couleurs festives, chatoyantes, multitude de petits carrés délicats qui se sont ouvragés par nous, imbriqués comme nous le sommes encore, pendant que nos corps livraient un sort à nos sens réunis...

November 30

Paravent de soie

 

P1050035 Attirée par la musique, mystérieuse compagne de cette nuit unique, je parcoure le long couloir, les doigts déposés doucement sur le mur, le frôlant à peine et pourtant retenue ainsi, ancrée à ce rêve étrange.

Je sens le grain de la pierre, doux et chaud, comme vivant, il m’instille la force de poursuivre ma visite dans ce lieu inconnu qui ne m’effraie pas mais me surprend...

Mélodie lascive qui étire ses notes, je sens que j’approche, j’ignore pourquoi, si ce n’est au vent qui soulève, entre les pans de roc clair, les voilages aériens et graciles... laissant pénétrer ainsi quelques rayons de lune, compagne de mes nuits païennes.

Traversée périodique de ce désert carrelé qui s’étire sous mes pas... la porte rouge à ma gauche attire mon regard, je me fige, détourne mes pas, laisse aller le mur que mes doigts quittent sans regret pour venir se déposer sur le dessin délicat qui orne la poignée d’argent...

Un animal sculpté avec habileté, que mon index découvre d’un bout d’empreinte curieux, délicat ouvrage admiré sans aucun doute, ainsi, autant de la main que du regard.

J’aspire une bouffée d’air nocturne, frissonne, me penche à peine, appuie sur la poignée avec cérémonie, intriguée par les notes qui s’élèvent juste en arrière du magnifique panneau de bois... je pousse le double battant et laisse entrer dans la pièce la clarté lunaire, ma fragrance de lilas et de rose annonçant ma visite avant même que j’avance un pied pour passer le pas de la porte.

Je prends mon temps, alors que j’avance, admirant la multitude de flammes vives qui vibrent ainsi dans la pièce, tout autour, brûlant d’un feu démultiplié qui accompagne celui, vif et ardent, de l’impressionnante cheminée, dont les flammèches teintent la pièce d’une belle lumière orangée et dorée, projetant mon ombre sur la toile tendu dans un cadre de bois sombre courant du sol au plafond et de mur à mur.

J’étire l’instant, inspire la si belle odeur de cire qui se répand, de bois qui flambe, m’intrigue de la délicatesse du tissage sur lequel je dépose ma main, qui, toute paume étoilée se découvre attirée par la fibre, élastique, qui pourtant ne cède pas d’un pouce.
J’appuie plus fort, teste, tente, rien n’y fait... j’approche mon visage, essayant de percer l’arrière scène, ce que cache ou révèle ce pan étonnant ainsi érigé au beau milieu de ce qui semble être une pièce entière.

Je dépose ma joue, souriant de la caresse ainsi offerte par la soie, mon oreille discernant des sons étouffés de l’autre côté, qui attisent ma curiosité et me font me sentir en compagnie de quelque autre visiteur nocturne. Les notes de la musique m’ayant guidée jusqu’ici s’en échappent, appelant en moi une danse lascive, que je sens monter et s’exalter de seconde en seconde...

Je me laisse aller tout contre le tissage, laissant mes seins s’y dessiner librement, les paumes de part et d’autres, je laisse mon front improviser une pose recueillie, les yeux clos un court instant, pensées dérivées qui se rassemblent.

Je les rouvre pour découvrir une ombre chinoise se jouer complice de ma pose, face à moi, révélée par ce qui semble être un feu et la même multitude de flammes de bougies s’éparpiller en symétrie de l’autre côté de ce décor théâtral.

J’observe la haute silhouette masculine qui se découpe et s’offre ainsi à mon regard impudique... voici donc mon Démon, l’homme Loup revenu hanter ma nuit, se laissant apprivoiser par ce qui en moi se montre farouche... paradoxe qui se joue.

Je recule à peine, me sentant traversée d’un désir connu et reconnu, à voir se tracer dans la soie le profil de l’homme qui me fit don de sa bouche savamment, jusqu’à boire à mes sources de désir, jusqu’à ce que je râle et aspire à le sentir avalé de mon con, planté jusqu’à la garde dans ma faille devenu lave et velours.

Je me souviens de notre nuit, cette nuit où tu as surgi dans ma chambre, me prenant comme on cueille une fleur du soir, à peine éveillée, alanguie, offerte nue sous la lune, comme attendant ta venue.
Je m’étais ouverte pour toi, t’avais enlacé de mes jambes, t’accueillant en moi devenu amant après que ta bouche m’ait offert un long supplice, après que la mienne t’ait recueillie au creux de mes mots.
J’avais appris la saveur de ta langue, embarquant la mienne dans une danse amante étourdissante, le grain de ta peau, la douceur de ton gland, la fermeté de ta hampe, la force de tes bras devenu foyer pour nos corps flammes, le plaisir de sentir ton torse sous mes seins, alors que je te chevauchais avec ardeur et langueur, alors que tu me prenais avec la fougue d’un amant aguerri et sensuellement animal.

Je frissonne, sentant mon ventre se rebeller d’envie, envie de sentir de nouveau tes mains, tes yeux se troubler de plaisir, ta bouche envier des voyages uniques sur le pétale rosé de mes aréoles, ton sexe se déployer au cœur de ma paume, tout contre la ligne de vie qui la traverse... envie de cet initiatique amantureux devenu dans les limbes de nos rêves de plume.

Je m’approche de nouveau du paravent, sachant que la lumière des flammes derrière moi, à chaque pas, révèle le mouvement ondulant, laisse se dévoiler la courbe d’une cuisse, les collines qui forment mes paysages, les valons qui sont mes décors, se dessinant en ombre chinoise sur le tableau ivoire qui sert de fond à la pièce où tu te trouves.

Lorsque je dépose mes mains tout contre la toile, je sens les tiennes venir s’y poser, lorsque ma poitrine étire voluptueusement la fibre, je sens ta chaleur venir choyer mon derme. Lorsque je laisse ma joue venir chercher ton épaule, je la trouve, au-delà du tissus devenu prison et barrière... lorsque je lève le visage, je sens ta bouche lutter pour venir cueillir un baiser fougueux... retenu par la soierie chasteté.

Je recule, voyage sur mes collines des mains, comme tu voyagerais des tiennes, épousant l’ampleur d’un sein, glissant sous la courbe douce, allant agacer du pouce la pointe qui se pointe, le pinçant délicatement entre index et pouce, imaginant tes dents les mordiller avec une douceur animale.
Devinant mes désirs, révélés par le jeu d’ombres propices, indécentes complices, tu sembles vouloir traverser le chimérique tissu, le tendant dans un effort illusoire, bras tendus, tes paumes et tes doigts dessinant des étoiles sombres, un peu étranges, contre lesquels je laisse ma peau s’échauffer autant que le sang qui pulse, étrangement gourd, dans mes veines.

De toute la main tu luttes pour garder le contact, sentant mes mamelons réagir à l’attouchement lointain et pourtant si fort à mon corps. Je gémis, murmurant quelques mots sans suite, incohérente dans mes délires de femme qui s’excite à savoir son amant si proche et si loin tout à la fois.

Tu ris, je souris, tu sais que je lutte pour rester cohérente dans le plaisir qui grimpe, que j’envie ta peau, ton odeur, tes yeux observateurs, ta voix glissant à mon oreille, je sais que tu aimerais voir mon regard s’illuminer, couvant le plaisir et ses montées subites, impromptues, primitives.

Je repousse à mon tour l’étonnante résistance tissée, pourtant presque diaphane, y collant mon ventre, mes cuisses, glissant ma paume en visite jusqu’à mon pubis, en dessinant les contours, en appréciant la douceur, écartant de 2 doigts les replis de chair si chaude, si douce.

Je pense à la virtuosité de tes mains, de tes doigts jouant mes concerts et mes symphonies, alors que je te fais vibrer sous mes empreintes, que tu te tends et te déploies sous mes paumes, sous mes prunelles friponnes, sous mes coups de langue habiles.

Je ferme les yeux, criant lorsque de l’index je donne la première touche à mon clitoris, qui me fait me tendre, surprise sous l’ampleur du choc magnifique.

Je poursuis ma visite, découvrant que ma main est emprisonnée de nos deux ventres réunis, séparés de la toile qui se pare maintenant de symétriques caresses.

J’enfile un doigt entre les pétales de chair rougis, soyeuse sensation qui s’étale, je suis trempée et m’empresse de te le faire savoir, sachant que le masque de fibre ne cachera aucunement mes déroutes et mes dérives ainsi révélée par les traces graciles que je répartis comme une artiste découvrant un nouveau médium... médium féminin venant embellir la toile devenue celle d’une peintre aimantée et amantée par ce que celle-ci cache et révèle de son double masculin dans une ombre esquissée.

Encre de femme dessinant les arabesques du plaisir que mes doigts déposent alors que le peintre et créateur en est l’homme qui joue de sa symétrie obligée en un face à face obstiné et inventif, barricadé mais jamais muselé.

Je te découvre venant humer chaque petite empreinte qui se révèle translucide sur le fond uniforme, croquis de plaisir gravés joliment...

Je tremble de sentir ta paume s’étoiler sur mon con, l’enlaçant de toute sa grandeur, l’échauffant, déployée comme les ailes de ce Phénix qui orne ma cambrure, tu excites, affoles, entreprends, je réponds en parallèle, voix qui se dialoguent, souffles qui se précipitent.

Je sens ta queue sous mes doigts, découvre ta main l’enlaçant, m’en réjouis, puis m’en frustre de ne pouvoir officier de toi jusqu’à te voir jaillir en source nacrée.

J’effleure, éprouve, émoustille, autant qu’il m’est possible, contrainte dans mes mouvements, sachant perdre toute sensation directe, souhaitant pouvoir enfin branler, enlacer, choyer, en même temps que la tienne le fait, l’accompagnant et apprenant d’elle, en mouvements amples et doux l’objet de nos désirs communs...

Je sens une onde me traverser de part en part lorsque je sens les perles de ton désir venir s’étioler sur la toile, traverser la fibre jusqu’à ma peau, je suffoque quelques secondes, manque d’air, presque affolée de ce mon corps me crie son désir de nous, de toi.

Insolent paravent, je me braque, geins, appelles ta bouche, appelle ton mât enfin planté, fourreau que mon con devenu, je tremble, le corps en montée vertigineuse mais agacée de ne pas pouvoir jouir du tout qui te fait, de peau à souffles enfin glissant sur nos braises emmêlées.

Je ressens la morsure du frottement du tissu tendu contre mes seins, contre mon ventre, nos mains emprisonnées œuvrant en siamoises, détachées à regrets par quelque maléfice de soierie, chirurgie de tissu, offrant en symétrique ce qu’elles peuvent de voyages à leur alter ego de chair en arrière de la toile.

Je n’en peux plus, je te veux et voici que je suis sur la pente, que je perds le fil, la pensée de toi deviens mon pôle magnétique, je cède, rejoint le sol, m’allonge, abandonnant notre lutte, fiévreuse, cessant toute caresse si ce n’est de toi qu’elle prenne vie. Délaissant ma chatte de mes doigts, je ralentis jusqu’à arrêter tout mouvement, essoufflée d’envie, le sexe pulsant comme un cœur sous mes doigts déposés là comme un coquillage sur une plage déserte.

« C’est de toi et par toi que je veux jouir ! », phrase à peine esquissée qui explose dans un silence qui hurle nos envies à bout de souffles saccadés et vibrants.

Et voilà que soudain le paravent s’enflamme, se défile, se détisse, grésillant presque joyeusement, je redresse le visage et que tu surgis, loin en arrière, protégé de l’intense et fugace chaleur... la toile se tord, se distend, semble chercher à reformer son invincible barrière... et voici qu’elle cède enfin, et qu’enfin, un brin hagard, Démon de chair libéré de sa prison, me libérant de la mienne, tu te détaches de ton fond de flammes offrant la douceur de ses reflets à ton corps nu.

D’une empreinte à peine effleurant, je redonne vie à ce petit pic palpitant qui vibre et réagit, me cambre sous le plaisir, sous ton regard, sous ton corps enfin penché vers le mien.

Tu glisses une main dans mes courtes boucles en rébellion constante, déposes l’autre sur ma nuque, m’attirant pour un baiser de braise, consumé et consommé sans aucun doute.

« je te veux là, comme ça, prends moi... » seront mes seuls mots Démon lupin!

À genoux, je te veux pénétrant dans mes replis de chair, dans mon centre de femme, dans mon ventre inondé en sources impromptues, qui n’éteindront pas nos incendies, les rendront même plus incandescentes encore.

Tu avance le bassin, te guide d’une main, à laquelle je joins la mienne, de l’autre, j’ouvre le pan de mes lèvres comme s’il s’agissait de rideaux de scène, dévoilant le velouté des plus petites, offertes comme des pétales à la douceur de ton gland qui les agace, les affole, les fait s’ouvrir pour enfin plonger au cœur du foyer, glisser jusqu’au fond, avec une lenteur affolante, obsédante, vibrant déjà de sentir progresser ta queue en moi, entre mes parois, enserrées, brûlantes.

Je te veux en moi et voilà que tu prends ton temps, tu souris, je réponds d’un mouvement de hanches hardi, soulevant le bassin pour te sentir butter en moi plus vite, fermement, frottant au passage ce petit espace magique qui me fait me tendre et me répandre, qui me fait devenir fontaine. Je ferme les yeux un court instant, abasourdie de la rapide montée du plaisir, de la volupté du moment.
« Regarde-moi! », d’un murmure, d,un sourire de ta bouche dont j’embrasse la commissure d’un coup de langue mutin,

J’ouvre les yeux et me noie dans les tiens... tu sais déjà que tu liras ici mes mondes et mes chemins de sens, que tu subiras ma lumière et mes troubles, que tu découvriras mes cris et mes râles plus puissants dans un battement de mes cils sombres que dans mes cris et une voix qui chuchote alors que l’orgasme me prend au vol.

Je m’anarchise, tremble, bataille des hanches, tu réponds, fougueux, instinctif, je cambre la nuque, puis les reins, tu glisses les mains sous mes fesses, t’enfile, avant de presque briser la symbiose, te replantes et laisses nos cadences se synchroniser.

Tes doigts retenant mes cuisses, mes hanches syncopées en dialogue avec les tiennes, me laissant guider nos rythmes, tu me surplombes, découpé en esquisses d’ombres et de lumières, j’observe ton mât qui vient se noyer dans mes temples de laves, se fourvoyer dans mes enfers, se faire un paradis de chaque millimètre offert pour enlacer ta queue de toute une douceur soyeuse, aussi soyeuse que les plumes d’un ange déchu.

Sens-tu comme j’enserre ton mât, comme je le retiens alors que tu t’éloignes, que je le laisse butter pour mieux repartir, offrant une onde de plaisir fou à chaque frottement de nos dermes jumelés si profondément.

Sens-tu comme mon con se fait palpitant, chaudement sensuel de tant de douceur, de tant de douceur qui y pénètre en cadence... sens-tu comme notre chorégraphie affole mon sort à m’en faire perdre le nord et trembler mieux que Richter... sens-tu comme je me contracte de l’intérieur, le vagin complice, pour mieux éprouver toute ta queue ainsi sertie dans mes écrins comme un bijou précieux...
Je me tends lorsque tu approches ta bouche d’un sein ébloui, soudain choyé de toute part, ton sexe en moi se fait plus ferme, j’en ressens vibrer chaque spasme et chaque soubresaut en moi, répercuté dans chaque recoin de mes décors, de mes tréfonds.

Je plante mes ongles dans ton dos, me fais louve, mordillant ton torse, animale, traversée par un tremblement inéluctable, inondée de mon miel prolixe, plus bavard que ma voix.

Je jouis ainsi, dans un cri silencieux, alors que ton regard presque étonné se fond au mien, illuminé, et que tu rejoins une dernière fois mon fond, t’y perds, t’y noies, y orgasmes, presque fervent, quasi bestial.

Je poursuis mes caresses intérieures, spasmes contractés en profondeur, moule parfait de ta queue par laquelle je sculpte le désir qui plane... instant charnel, plaisir de chair, frissons en ressac qui me chamboulent, me font trembler épisodiquement, parfois anarchique, s’apaisant au fil des instants.
Ainsi imbriqués, nous restons un long moment, parés des flammes vives, si douces pourtant...

October 30

Océane

J' ai réécrit cette nouvelle il y a peu (une nouvelle sortie d' un grenier magnifique)...

... J’ai su tout de suite, au frisson venant éclore en moi, que tu étais là à observer ma baignade sereine sous la lune, à sourire de ma manière de lever les bras au ciel dans un geste heureux, saluant les étoiles, la voie lactée, la vie dans la douceur nocturne.

A cette seconde où dans une sorte de danse aquatique, cernée jusqu’à la taille de l’eau qui réagit à la montée dune vague, à son repli, le corps en tumulte sous les courant ainsi offerts, je salue la nuit en semblant l’étreindre de mes bras, comme enlaçant tes épaules et déposant mes seins contre ta poitrine, allant cueillir un baiser, cherchant, au creux de ton épaule, ton odeur d’homme et de vent... j’ai eu une envie terrible de me retourner, de t’accueillir vivement, avec ce sourire canaille que tu connais si bien, mais je me suis retenue, savourant chaque seconde que tu passais à t’approcher à pas de tigre, entrant doucement dans l’eau et l’écume, puis à brassées douce et souple, sachant que mon désir de nous en serait exacerbé un peu plus, et assouvi bientôt, une raison des plus précieuses.

J’ai souri à la mère Lune, avec une grande douceur, les yeux clos, le corps déjà acquis à nos plaisirs, attentive et en attente de ta peau, de tes mains, de ta bouche et de tes yeux surprenant.

La vague a cueilli ma taille, écouter ta respiration a provoqué un remous en dedans, tout en dedans de moi, a donné écho à mes envies de sentir ton souffle se précipiter, tes mots s’amenuiser pour devenir ceux que seuls nous comprenons, langage d’amants, musique de nos souffles qui s’harmonisent en symphonie sensuelle.

J’ai tendu les mains en arrière, vers toi, sachant que tu commencerais par effleurer mes doigts des tiens, lentement, remontant le long des phalanges, emmêlant chacun, puis glisserais sur mes poignets gâtés de la douce caresse, filant ensuite jusqu’aux coudes, alors que la nuque ployée, le dos cambré, j’offre ma bouche à la tienne, baiser inversé surprenant.

Tes mains ont rejoint mes épaules, amenant mon corps contre le tien dans une pose lascive… j’ai tremblé de sentir ta peau contre mon dos, enfin ! ta nudité si chaude, ta force tendre, j’ai fermé les yeux, appréciant de te retrouver, et de murmurer, dans un soupir « enfin tu es là ! »

Tes paumes ont été enlacer mes seins, j’ai longuement frissonné, quelle volupté, quelle volupté lorsque tu rejoins mes monts ainsi, mes collines de collines, que tu les agaces pour mieux les conquérir, et faire de mes paysages tes domaines et tes terrains, que tes mains enlacent doucement mais avec fermeté, tes doigts venant agacer les pointes rebellées de frissons, me parant de désirs et de tes mains comme le plus beau sous-vêtement au monde.

Je sais combien ta bouche voudrait alors s’en régaler, faire des pointes érigées un nouveau lieu de plaisir, je suis déjà acquise à tes lèvres, et envie si fort tout ce que tu m’offres de trésors, que le baiser ardent devient lieu de déraison, je vibre, tu réponds, c’est intense, baiser qui se tend, se bat, se prolonge, s’étire, prend le temps tout en se passionnant.

Je m’égare en pensées et frissons, la nuque ployée, le cou gâté par tes occasionnelles visites en échappées belles de mes lèvres à ma peau... visites que je rends comme je le peux malgré la pose possédant moins de liberté de mouvement...

Je continue cependant mon avancée vers ton ventre, dans mon dos, m’empare, saisit, mouvement de hanche qui accompagne la danse de mes doigts sur ta hampe, je frémis… je te veux, je te veux, je nous veux.

Nous avançons vers le large, la mer nous cerne un peu plus, complice, je sens sa douceur envahir mon derme jusque sous mes bras, mes épaules encore offertes à la clarté lunaire, à ta bouche voyageuse, mes seins choyés, sous l’eau maintenant, de tes mains offrant leur parure de délires.

Je tremble, pas de froid, bien de désir... Urgence, Urgence me crie mon corps, Urgence me murmure le tien, alors que mon index rencontre la peau si douce de ton gland, logé au creux de ma cambrure et maintenant enlacé de ma paume. J’en ressens un soubresaut délicieux, alors que tu cambres la nuque à ton tour en offrant ton visage aux étoiles, les yeux clos, un frisson traversant tes décors de part en part. Lorsque tu rouvres les yeux, je croise ton regard à la couleur changeante si particulière, qui me fait me sentir plus femme encore, regard canaille autant que complice, regard d’amant tendre autant qu’ardemment intense.

Tu me retournes, un sourire animal offert en partage, tu me soulèves alors même que je m’ancre à tes hanches, les enlaçant de mes jambes, remerciant l’eau de nous faire oublier les contraintes terrestres. Je me retiens à tes épaules, apprécie la force de ta poitrine sous mes seins de nouveau choyés, les pointes frottant contre ton torse à s’en hérisser encore plus.

J’envois une main s’ancrer à ta nuque et conserve, dans l’autre paume comblée, la chaleur de ton sexe dressé entre nous, désirs avoués par chacun de mes frissons, chacune de mes caresses, chacun de mes sourires alors que ta hampe se gorge et se tend sous mes empreintes comme entre mes joues, désirs clairs et pourtant troubles que mon corps a pour ton corps, de bien des manières.

Tes bras qui m’enlacent, me faisant réaliser une fois encore combien j’apprécie de te sentir ainsi tout autour, c’est comme t’avoir déjà en moi, j’en ai le ventre affolé, il n’est que feu, lave, fusion, il vibre, se répand, palpite autant que ton mât entre mes doigts, autant que lorsque tu seras planté en moi et que je te retiendrais instinctivement et savamment, entier dans une étreinte de centre de femme à centre d’homme.

J’ai la poitrine ravie, elle se dépose en douceur contre ta peau, se gâte, se pointe des pointes, les aréoles sensibles réagissent, prient pour avoir ta langue, tes lèvres et tes dents, les mamelons se dressent, appel inconscient de tout le corps. Je plonge le nez dans ton cou, caresse ta nuque, chaque geste si petit et désinvolte semble-t-il est un cadeau précieux, je me délecte, mon derme se délecte, je me nourrie de chaque partie de toi, de ta bouche qui me noie de plaisir, explore avidement, fouille, je réponds, de la langue, des dents, je me sens en délire, j’aspire à toi, à fusionner ainsi, tel quel, à entendre ta voix me dire des choses et finir par perdre le fil, tenter de garder le cap et perdre la boussole… corps et esprits à la dérive, nos dérives.

Je respire, aspire, c’est pire, je délire, je te sens contre mes lèvres intimes, ton gland tout contre mon clitoris gorgé, tendu, électrique, je sens combien mon ventre appelle, combien il brûle pour toi, laisse s’écouler le miel, il attend… espère… je vois le mouvement de ton corps autant que je le vis, lorsque, bougeant lentement du bassin, me soulevant un brin, tu laisses ton membre venir glisser le long de la fente de mes lèvres closes, s’y insérer, sans aller plus loin que te laisser emprisonner délicatement du voile de mes lèvres intimes, t’offrant un rideau d’eux, butant contre mon clitoris, qui vibre, électrique, et me fait vibrer en écho, langoureuse vague de plaisir qui grimpe.

De tout ton long tu glisses et profites de la douceur de ma chair, lèvres en pétales, orchidée qui s’ouvre pour mieux profiter de la caresse divine... toi glissé entre mes lèvres, juste ainsi retenu entre les pans qui se dévoilent autant qu’ils cachent un jardin florissant de miel, des allées douces et brûlantes, des voyages au creux de plaisirs d’amants.

Pas encore imbriqués mais mouvant au gré des vagues comme si tu venais de t’enfiler au creux de moi, comme si tu venais butter, te retirer, re buter, sans fin, au creux de ma faille, mouvement voluptueux, entre envies de franchir le cap et désir de profiter de cette danse aquatique complice, tendre et ardente.

Si près, si loin, si près, si loin, le frottement si doux m’excite, me rend envieuse de te sentir venir en moi, de m’empaler et de saisir ce qui jusqu’à maintenant ne fait que ravir.

Tu observes mon visage, y lis mes émois, souris avec bonheur, fier, avide de plus, admiratif, admiré, je remercie la lune de t’avoir donné si vite le don de nous, de moi, de m’émouvoir et me comprendre, me combler et me deviner ainsi, amantés, aimantés.

Ton regard lit le mien, puis file vers mes seins qui se font insolents, envieux, la bouche qui glisse et tes yeux qui restent rivés aux miens, je suis la progression sensuelle, chenille curieuse qui tapisse ma peau de délicieux frissons, observe ta bouche qui approche de l’aréole ample, d’un rose délicat, l’en fait sienne, aspire lentement, mordille, agace, titille, en joue langoureusement, je clos les paupières sous le feu de ton regard qui ose autant que tes lèvres, c’est divin, sourire de bonheur, fougue qui me saisit, je tremble, complice, allant enlacer, glissant ma main entre nos ventres jumelés, de ma paume ton sexe tendu que j’éloigne un bref instant des pans de rideaux que mon sexe offrait.

Ainsi, la main visiteuse enfilée entre nos ventres collés, prisonnière consentante, je presse, relâche, me fais chatte, me gâte de te sentir déployé si bien, je me régale, déposant des baisers papillons dans l’air de la nuit, de tes tempes à tes joues, à ta bouche, à tes paupières parfois closes, à ton cou, tes épaules, revenant souvent prendre mon air à tes lèvres hardies pendant que mes doigts jouent de petits délires doux sur ta nuque, descendant dans ton dos, aussi loin que possible, allant visiter ta cambrure, la retenant, lui répondant, dans son mouvement de hanche volubile, par la cadence langoureuse de mon bassin, danse sensuelle autant que rituelle... chorégraphie qui se joue au naturel.

Et voilà un long baiser qui me cloue, me fait perdre le fil, le nord, me fait vibrer et envier de t’accueillir enfin, encore, j’ai bientôt le front soudé au tien, les prunelles retenues des tiennes, regard adulé, tu me parles, chuchotes, souris, j’écoute, réponds, la voix tremblante autant que le corps entier.

T’avoir en moi devient mon leitmotiv, viens, viens en moi, je m’accroche à ton épaule, t’enlace de tout le bras, tu me soulèves, ma main laisse filer ton membre déployé, une seconde passe, tes yeux plantés dans les miens, qui crient, crient, murmurent, puis se taisent dans un souffle de ma bouche, le désir est là si fort, et lorsque tu me ramènes à toi… je sens ton sexe glisser entre les pétales soyeux, venir musarder jusque la faille de mon ventre, fente de femme qui aspire à sentir ses parois enserrer ce qu’elle appelle si fort.

Je te laisse t’enfiler souplement, gémis, soubresaut de plaisir qui grimpe, tu me fixes, soudain silencieux, la bouche entrouverte sur des mots que je devine, je te surprends de mon ventre, de ses facultés à t’entourer comme le font mes joues, ma langue et mon palais, d' autres fois.

Je concentre mon savoir de femme, ressens toute ta longueur déployée au creux de moi, qui bute, m’emplis, me comble, jeu de bassin plein de langueur, tu me retiens, fermant les yeux, ancrant tes mains à mes fesses, je presse ta... queue, de tout mon intérieur, tu rouvres les yeux, je sais que ma faille se veut brûlante, avide, palpitante, qu’elle s’ouvre et enserre, gâte et se gâte par là même.

Moins anarchique, je profite, nous parlons, la voix basse, souffles qui se précipitent parfois, regards qui s’emmêlent, mots qui se taisent. Sens-tu combien c’est intense, doux et puissant tout à la fois ? Combien mon corps, mon âme se laissent envahir si bien de toi, s’offrant et t’offrant tout un univers époustouflant de douceur et de force? sens-tu combien je vibre, combien je te sens ainsi dans mon ventre et combien c’est doux et fou, magique.

Lorsque nos bouches s’emmêlent, c’est comme faire l’amour, lorsque mon sexe t’enlace c’est comme t’avoir au creux de mes mots, lorsque tu plonges dans mon temple, c’est revoir tes yeux et tes regards, même s’ils sont clos sous l’ardent plaisir des sens. De nos ventres emboîtés, tout remonte et fait le tour de mon univers, échange précieux, je ne sais alors plus qui est homme ou femme, au diapason, ainsi imbriqués, et que tout ce qui me fait jouit de toi, de tout ce qui te fait.

Cela dure, au creux des vagues, au cœur d’un océan propice et presque amant avec nous, entre mots échangés, baisers fous, doux, intenses, entre plaisir qui stagne, haut, et plaisir qui grimpe, plus haut encore… je me tais, de plus en plus souvent, tu as le regard trouble… de plus en plus longtemps.

C’est bon ainsi enlacés de notre complice aquatique, sous la lune, mais le désir et le plaisir atteignent bientôt un nouveau sommet... tu es beau, je t’amante sous la lune au cœur de l’océan, c’est magnifique...

Je te veux, disent mes yeux, tu as un sourire tigrardent, d’homme, puis fermes les yeux sous la montée du plaisir, je souris à mon tour, savante autant que toi sur nos sommets, j’ondule, tu réponds des hanches, plonges et m’emplis si bien que je suis sur le fil, cela dure, extase qui prend son temps, qui attend la tienne, je murmure « viens, viens ! » à l’instant même où tu le prononces...

Je te sens en moi qui te tends, dans un sursaut de plaisir brut, qui rejoint le mien en un long frisson extatique, la nuit et l’eau tout autour nous enlacent, renvoyant chaque remous se répercuter partout en nous, exacerbant chaque parcelle de peau... Et lorsque tu jouis de nous, je retiens chaque spasme qui te prend au vol, te ressens de mon ventre et du corps entier.

Tes bras qui m’enserrent autant que les miens, jumelés à en être siamois dans l’orgasme, ta bouche qui vole mes râles de plaisir, je réponds sans hésiter à chacun de tes frissons, à chacune de tes attentions, ouvrant mon monde de mes prunelles à tes regards enflammés, si beaux, ils laissent toute une lumière en franchir le seuil sombre, c’est comme illuminer toute mon âme, et me faire vibrer de tout le corps.

Ta peau contre moi, tout autour par tes bras tendrement enlaçant, nos poitrines accolées, tes mains ancrés à mes cuisses, ta bouche voluptueusement déposée au creux de mon cou, provoquant de nouveaux remous sensuels, ton gland et ta hampe entière qui rejoint si bien mon fond, et se noie de mon con, à m’en faire jouir en vagues, de nouveau, bien plus doucement mais délicieusement, en contrecoups, comme ricochets.

Tes yeux qui me fouillent et les miens qui se régalent, ta voix qui murmure, exprime ou se tait… la mienne qui va se perdre au creux de ton oreille, ou glisser dans une brise sur ton cou, avant de clore la discussion et se nourrir des mots sur ta langue.

L’eau nous laisse alors la quitter dans un soupir de clapotis, bien après que nous nous soyons tus, repus, heureux, retrouvant des chandelles éparpillées autour d’une grande couverte, se reflétant dans des verres et une bouteille de cidre de glace, flammes dansantes illuminant ton corps nu à m’en redonner bien des envies coquines, les miennes renaissent dès que ton regard parcourt mon corps et ses courbes avec un air affamé, ce qui nous attend alors au coin de toutes ces petites flammes qui crépitent dans la nuit si belle, dans une gorgée du cidre délicat et sensuel à souhait… c’est tout un trésor…"

September 15

Lorsque l’émoi m’étincelle

Lorsque l’émoi m’étincelle

Que flamme-vive tes prunelles

Que se dénotent d’artistique

Nos chorégraphies et musiques

 

Parcelle-moi en sensuelle

Sans décence, encense l’elle

Défense-moi à jamais d’ignorer

Le feu sacré de niversés baisers

 

Et toile le décor des corps en mystère

Envole-nous de trésors à tire d’aile

Affole mon sort que manque l’air

À mon souffle essoufflé en chant d’elle

 

Et crie le spasme insolent de silence

Étonne-nous d’exaltés cris ciselés

D’écrits les empreintes concentrées

Qu’écrie ma voix en délires affamés


August 03

Bichromie

 



    P8020009-1

 

Écran fond d’ardoise

Qui à crans dévoilés

Ce qu’écrin turquoise

Envierait de velours

 

 

   
    P8030069

 

Nuance-moi d’indécence

Défais-moi d’insolence

Que j’approche d’un silence

Grisée de pleines différences

 

 


    P8030054

 

Bichrome-moi à ton tour

Anthracite mes atours

Fragrance-moi d’argent

Et d'enlacés flamboyants

 

 

 
June 14

12 000ème visite

 

P61300322

Les ''Chroniques d'une libertine'' vous remercie, vous tous, les 12 000 visiteurs qui sont passés ici, soit en survol soit en s'attardant à découvrir ce ''petit boudoir tendu de rouge'' comme je me plais à l'appeler, visiteurs qui me connaissez ou de passage au hasard des méandres Internet...

N'hésitez-pas à laisser vos commentaires, vos réflexions, vos idées, directement sur le blog ou dans ma messagerie, si j'ai l'occasion de vous répondre, je le ferais avec plaisir.

Chronique d'une libertine

June 05

Porte cochère

Je courre, les doigts aspirés des tiens, avalés et retenus, le corps attiré, soutenu, rejoignant parfois ton épaule, te tendant une bouche affamée, déposant mes lèvres au creux de ton cou, nichée là quelques secondes comme un chaton éperdu... et me viens l’image de nous ainsi offerts aux éléments, la douce pluie taquine qui se défend encore de jouer des tours à foison aux égarés d’après minuit, alors que la chaleur du jour s’enfuit en brume sous la fraîcheur des gouttes répandues.

 

Gronde la nuit, gronde le vent en bourrasques folles, autour de nous, accueillant notre farandole, je cesse de courir, le souffle court, le rire déployé, te retiens du bout de nos doigts joints, indiquant une ruelle éclairée à peine, coupant à travers un dédale de rues et de lampadaires naufragés, rejoignant notre lieu de visite plus vite, espérons-le...

 

Nous nous y engageons, observant le ciel chargé, recevant de lui la bruine que nous espérons passagère, mais voici que l’air se charge d’atmosphère, un peu plus et je me prendrais pour Arletti à chercher son Hôtel du Nord, et soudain, se déverse une radée qui fait de nous les survivants du radeau des Méduses, luttant pour trouver un abri.

 

Tu longes le mur, je suis, observe les mouvements de loup de ton grand corps d’homme, le dessin de ta bouche alors que tu tournes le visage vers le mien, regard échangé, lien soudain, engloutie bientôt de chaleur, blottie au creux de tes bras, le souffle avalé de ta bouche fougueuse, je tremble autant de feu que de froid, me délecte et joins mes mains à tes joues, m’y étoile, les affole d’empreintes et de lèvres déposées sans complexe au gré de voyages convexes.

 

Tu reviens à ma bouche, le baiser se fait lutte, je butte, me rebute, repars goûter le coin, commissure en croissant de lune, sourire lupin, désir de nous dessiné là comme une virgule, et je le sais, sourire autant que délire qui vient rebondir jusque dans tes yeux.

 

Je m’abandonne, me dresse, tu caresses, tu visites, je m’immisce, envoie une paume sous ta chemise, remonter et trouver à s’étaler ainsi sur ton cœur, qui bat, bat, cavalcade reconnue, toujours aussi troublante... je cesse toute réplique, entends, respire, inspire et me gorge de ton odeur, de la pluie tout autour, blafarde et douce, belle malgré le paysage urbain, un arbre solitaire se défend, joue des bourrasques en se balançant souplement, dansant sur des musiques nocturnes et venant à chaque coup de vent violent, retrouver la douceur d’un lilas serein, protégé de la tourmente par un mur de briques propice. Le bitume qui, en volutes fume son joint aquatique, déborde d’eau en rigoles, le temps semble suspendu, l’est, alors que j’écoute la symphonie du décor autant que de nos corps.

 

Cœur qui bat, énergie qui me fouaille, je défaille... et ressens, adule ce puissant métronome qui me donne nos rythmes, étonné, tu recules, juste un peu, sans lâcher jamais le prix de nos délices, observes la route des émotions sur mon visage fenêtre, dans mes prunelles univers, je défaille à lire dans les tiennes sourires et désirs, et me voici à me noyer d’eux comme de l’aspiration de nous sous un ciel qui pleure l’envie de nos corps, je ferme les yeux un bref instant, retenant le spasme, et ta bouche en saisit l’écho alors que je cherche mon souffle, que je tremble et jouis de nous à simplement toucher ta peau, ici, frémissante sous mes empreintes.

 

Sens-tu mon corps en tourmentes, alors que je me noie, alors que montent en moi tant de frissons, de soleil et d’envie de nous?

 

Ta bouche se retire, plage léchée de ma langue, j’ouvre les yeux, hagarde, la peau fourmillante, le corps en attente et le reflet de mes tourmentes au creux de tes prunelles m’accueille et nous jumelle des mêmes attentes... je murmure « prends-moi »

 

Un sourcil se hausse, étincelle qui devient flamme, brindille qui devient branche, incendie qui se déclare, l’accent circonflexe se fait perplexe, défiant, tu chuchotes « je n’ai rien entendu Petite Louve, que dis-tu? » l’air canaille et sans complexe...

Je respire par à-coups, me défends de rougir, alors que nous partageons tant, complices jusque dans mes détours d’audace, je lutte à peine une seconde, redresse mon corps, fixe tes yeux, « prends-moi, ici, sans façon, butte en moi, approche sans raison, j’aspire à toi, à moi, à nous, prends-moi, faisons l’amour ».

 

Penché, Montagne qui réagit, me pousse contre la porte dans mon dos, venant chercher collines et valons, du bout des doigts pour commencer puis des paumes entières, qui voyagent, détourent, détournent soie, coton et satin, enlacent un sein, ralenties et agacent d’un pouce avide autant que la pointe qui se hérisse.

 

Le bois me retient, je laisse aller mon corps, trouve tes décors, envoie mes mains en ballade, éprouve la chaleur de ta peau, m’en régale, me cambre en sentant tes mains franchir le cap de mes hanches pour rejoindre mes reins, tu glisses sous la ceinture, me ceintures, enlaces, te prélasses, découvres, fais naître émois et frissons, je joue en symétrie la même musique, ressens toute vibration, éclose ici, revenue là, en moi, diapason qui se dévoile...

 

Je rejoins ta nuque et me fait païenne alors que tu m’ouvres grands la porte de tes bras, m’entoure, te fais fauve, loup et homme, ardent et doux jusque dans tes morsures sensuelles, langues emmêlées qui se font lascives, fougueuses amantes libres de mots en presque silences... ton souffle qui m’ensorcèle, celui du vent, ses bourrasques qui me jumellent à la danse de l’arbre et du lilas complice, couple étrange formé là par dame nature, je retiens un cri alors que je sens tes mains s’enhardir avec urgence, s'enfiler sous mes vêtements, faire remonter ma jupe, chercher le contact de ma peau, constater l'absence de slip, frôler mon ventre, y étaler ta paume, agacer mes sens, faire crisser la soie du chemisier.

 

Je me sens primitive, emmêlée à ta peau et aux éléments tout autour, à la pierre sous mes doigts, au bois derrière moi, la douceur de ta peau sous mes doigts, alors que je défais la boucle de ta ceinture, le bouton de ton pantalon, écoute religieusement la fermeture glisser sans fin, déchirer la nuit qui retient encore ton sceptre adulé.

 

Je retiens mon souffle, note le son de la pluie tombant juste derrière toi, les gouttes allant en rigoles serpenter sur le sol, jouant une musique vive, puis ta chaleur contre moi, sous mes empreintes... je saisis ton mât tendu comme jamais, comme chaque fois, il vibre, écho en toi, séismes dont les ondes de choc me reviennent amplement, m’inondant le con.

 

Nos bouches fiévreuses alors que tes doigts me fouillent sans façon, ta bouche glissant de mon cou à ma poitrine encore retenue par un soutien-gorge devenu prison... je râle, tu souris, je réponds, tremble, observe la route de ta bouche sur un mamelon éperdu, encore cerné d'un bonnet trop présent, je perds le nord, mais pas ton corps, sentant ta queue tressauter au creux de ma paume, je gémis.

Tu reviens à mes lèvres, suspendus entre 2 reprises d’air à nos bouches fiévreuses, nous nous arrêtons le temps de quelques secondes égrenées, ton regard, le tremblement qui me saisit et le durcissement de ta queue enlacée et choyée à foison.

 

Ton centre laisse répandre son onde de plaisir tout le long de mon corps, je sens si proche la jouissance de ce geste doux et ample que j’offre... mais voilà que soudain, tu te recules, laissant ton mât quitter son nid, mon chemisier ouvert complètement, ta chemise passablement déboutonnée... je capte d’un regard ton ventre dans la lumière blafarde et ta queue tendue vers moi comme la plus magnifique des sculptures...

 

Quelques secondes, à nous observer en cherchant nos souffles, à sourire comme à sentir l’intensité nous entourer, retenir chaque parcelle de peau offerte, à écouter le chant unique tout autour, gouttes frappant le sol avec violence et pourtant douceur des brumes qui en naissent... puis voilà qu’avec une lenteur nouvelle, comme cérémonieuse, tu relèves ma cuisse droite, viens coller ta peau à la mienne, et voilà que si j’en étais à la limite, je commence à jouir, en sentant ta peau se coller à mes seins, sortis indécemment de leurs bonnets soyeux, avides de derme et de plaisirs, de baisers et de douces morsures.

 

Tu ploies un peu, remontes, affolant mon corps, venant planter ta queue en moi d’un mouvement souple, sûr, lent et ardent... et lorsque je te sens t'enfiler en moi, durant ce bref instant éternel, comme ça, sans façon, que la porte derrière moi me retient, parce que je tomberais à coup sûr, sous le plaisir brut autant que le bois, sous le plaisir fou et doux de ce qui se passe au creux de moi, de toute ta longueur venant effleurer mon centre, frôler mon intérieur, gâter mon temple, le gland buttant dans mes tréfonds, de cette volupté absolue...

 

Je râle, envoyant rouler ma tête de droite et de gauche, les yeux grands ouverts sur toi, sur nous, en cambrant la nuque vers l'arrière, me retenant machinalement à chaque côté de l'encoignure de pierre dans laquelle nous avons trouvé refuge... sentant mes cheveux humides dégouliner dans mon cou, ton souffle contre ma peau, tes morsures d'homme loup qui m'électrisent, ce plaisir presque brutal, tellement intense et doux qui me fait vibrer et me tendre, onduler, délirer.

 

Tu éloignes tes épaules quelques secondes, observant nos sexes fusionner, ta queue ruisselante de mon miel, noyée de mes tréfonds, revenant à l’air frais, tendue, puis replongeant, sans faille, jouant de chaque tension, de chaque soubresaut qui la saisit, du jeu de ton bassin qui affole nos sens, de mes intériorités liquides qui nous font délirer... je resserre, happe, retiens, engloutis, tu te recolles un instant avant de ré-observer notre danse, voyeur sensuel, provocateur sensoriel.

 

Nos mouvements sont malhabiles, fous, désordonnés et tellement chorégraphiés par là même, c’est comme apprécier plus encore ce ballet magnifique, à chaque fois que tu retrouves le chemin de ma faille et que je crie de te sentir t'y enfiler une fois de plus, alors que nous précipitons nos fougues, comme cherchant l’ultime tout en repoussant les limites.

 

Je chuchote, me cambre, me retiens de la jambe à ta hanche, de mes mains à ta nuque, de ton souffle à ma bouche. Je te retiens en mon creux, enlaçant de mon con chaque millimètre qui te fait homme, nid extatique pour sceptre magnifique. J’exulte, m’exalte, tremble, murmure, râle langoureusement, animale, musique à tes oreilles attentives autant que ta queue à ma chatte, que ta peau à mon derme, que ta bouche à mon creuset de mots...

 

Je voyage sur ta hanche, pose une main juste au dessus de tes fesses, effleure ta peau fraîche de la pluie qui pourtant me brûle littéralement les empreintes, j'accompagne ton bassin, appuyant ainsi dans le bas de ta cambrure, à chaque fois que tu reviens en moi, fusionnés de partout, laissant une plainte se faire entendre lorsque je te perds, que mon fourreau se sent vide de toi, ta peau sur les pointes de mes seins, tendus et gorgés de plaisirs fous, râlant de plaisir lorsque tu viens replonger en ma faille. Tu me fouailles, me fouilles, je vibre, me rends, tu me prends.

 

Cela ne dure alors que quelques mouvements, une éternité de bonheur, je jouis toujours, en vagues ascendantes, éperdue, presque hagarde de tant de puissance dans ces orgasmes boomerang, ricochets, j'en sens se crisper mes doigts sur ta peau, tellement noyée dans l’instant, me retenant de l'autre main à ta nuque, juste avant de m'étoiler sur ta joue lorsque tu me jettes soudain ce regard étonné que j'adore, en plongeant comme si tu reprenais ton souffle à ma bouche et à mon ventre, je le resserre tout autour de toi, sens durcir ton sceptre, vibrer au creux de mon con entier, comme dans une sorte de succion spasmodique, aspirant en moi ton plaisir, te le retournant en râles impromptus, en mots décomposés, en regards ébahis de ce que de tumultueux je sens courir en moi dans cette jouissance partagée.

 

Tu plonges le visage au creux de mon épaule, près de mon cou, je sens ton souffle réchauffer allègrement ma peau, me faire frissonner de nouveau, alors que la vague redescend, revient, repart, joue en boucles douces une nouvelle partition entre nous et en moi.

 

Ton grand corps collé au mien, tes mains déposées de part et d'autre de mon visage, tout contre le bois de la porte accueillante, la pluie tout autour, tout aussi exaltée et rugissante, rythme martelé qui se fait complice, et le sourire de ta bouche comme de ton regard me cueille, apaisée et exultante tout à la fois, sentant ton coeur contre le mien, mes pointes irritées électriques contre ta peau, je sens ton sexe repu se retirer doucement, glissant à l’intérieur de mes cuisses, accueillie de mon temple durant cet instant de plaisir époustouflant, sensation magique... le grand arbre majestueux n’en finit plus d’emmêler ses branches au lilas, bruissement qui accompagne nos souffles emmêlés dans un baiser complice et tendre, émotions partagées.

May 28

Murmure à ma bouche


 

 

Murmure à ma bouche, déshabille mes lèvres

Monts et Vermeil, de regard et mains, enflammés

Merveille-moi à façon, cueille-moi en orfèvre

Sculpte-moi de ton jonc, l’adulé empaumé

P6070019

 

Espère l’enlacée lascive, tourmentée de miel

Étends-moi, courbe ma nuque d’un frisson

Entoure, quand j’étoile, offre l’onde à foison 

Vibre-moi que je vive, ouvre-toi à mon ciel

 

Dépose là, riposte ici d’un lapé polisson

Offrande mes collines en fontaines d’amant

Arabesque sur ma peau mille firmaments

Pareille-nous que s’ouvrent univers et con  

 

 

 

 

May 22

Douceurs

Tu t’allonges sur le lit après avoir enlevé tous tes vêtements, nu et impudique comme je l’aime, passant tes bras croisés derrière ta tête, tu m’observes ainsi pendant mon effeuillage sans fard, je te souris et offre mon dos à ton regard canaille, cambrant les reins dans un geste indécent, mais sans malice…

Je suis nue, j’aime partager cette intimité de fin de journée avec toi, douce gourmandise à mon âme, bien que je ne sois plus une jeune fille, mon corps épanoui aux formes amples et sensuelles sait te plaire et te combler de mille délices.

Je te regarde dériver et commencer à somnoler, le ventilateur qui ronronne doucement à côté du lit rafraîchit un peu la pièce. Tu as l’air épuisé, je fouille dans ma trousse de toilette et en sors un flacon d’huile de massage. J’allume quelques bougies avant d’éteindre le plafonnier et le ventilateur, m’approche du lit en silence, tu me regardes avancer d’un air heureux en me voyant enduire mes mains d’huile délicatement parfumée...

 

Tu te tournes sur le ventre, soupirant d’anticipation. Je laisse couler un peu d’huile entre tes omoplates, avant de vite réchauffer ta peau de mes mains et de mon souffle. Je laisse un vent chaud s’échapper de mes lèvres et se déposer le long de ta colonne vertébrale, et entreprends de glisser mes mains de part et d’autre de ton cou, jusqu’à tes épaules, revenant sans cesse entre ces deux points en particulier. Mes doigts entament un mouvement incisif, tendre, malaxant la chair, roulant tes muscles avec fermeté, s’aventurant sur tes bras, jusqu’aux poignets en tournant, lissant, effleurant parfois.

Souplement ta peau réagit, rougit un peu sous le frottement, les muscles du cou finissent par céder à mon invasion autoritaire et se détendent enfin. Je descends sur le milieu du dos en palpant à la recherche de tensions, fermant les yeux pour mieux ressentir chaque nœud, glissant entre les omoplates, rejoignant le creux de tes reins, que je sens noué et douloureux. Je me grise de sentir ta peau sous mes doigts agiles et sans libertinage, absorbée par mon désir de te détendre et de t’offrir un moment de volupté simple.

Tu soupires pendant que je malaxe lentement, en faisant attention de ne pas trop insister. J’effleure soudain doucement, sentant une crispation sur un point qui semble douloureux. J’approche ma bouche et souffle chaudement sur ce lieu problématique, réchauffant la surface pour mieux atteindre l’intérieur. Tu relâches ton air, inconscient de l’avoir retenu pendant ma manœuvre et te laisse envahir par la sérénité de l’instant. Je continue ainsi de longues minutes, travaillant cette partie délicate du bout des doigts avec légèreté, insistance rusée et prudence, avant de glisser mes mains bien à plat, en suivant les muscles longs de la cambrure jusqu’aux côtés, rejoignant la taille, la cernant amplement, avec fermeté et douceur.

Je rejoins le bas de tes reins, agaçant savamment les creux juste au dessus de tes fesses, massant, embrassant parfois la zone fragile et tendre. 

Je chantonne doucement, petit air qui semble te griser, la lumière des chandelles donnant à ces moments un air de déjà vu… de déjà partagé, entre intimité simple et sensualité latente.

Je pose mes doigts en éventails sur tes fesses aux formes tentantes, je dépose malicieusement un baiser sur chacune d’elle, laissant ma langue dériver de nouveau jusqu’au milieu de ton dos avant de redescendre vers tes cuisses. Mes mains effleurent puis saisissent, palpent et malaxent avec joie tes globes charnus et fermes, avant de rejoindre l’arrière de tes cuisses. J’ouvre les yeux et observe, la peau douce se laisse envahir sans crainte, je suis des deux mains la cuisse droite avant de renouveler mon voyage sur la gauche, détendant et caressant le derme souple.

Les mollets sont tendus encore, je les pétris de longues secondes pour les aider à abandonner cette contraction qui les tient. Je souffle sur le creux de tes genoux, effet immédiat qui te fait relâcher un peu de tension, j’en effleure encore la surface fine, du bout des index, presque chatouillants, rejoignant bientôt de ma langue la chair délicate et tendre. Tu te raidis et ris tout bas, je sens que tu t’abandonnes à mes mains et à ma bouche qui parcourent ton côté face avec calme et un brin d’humour.

Obtenant enfin le résultat escompté de dompter tes muscles fatigués. Mes doigts se plaisent ensuite à masser doucement la plante de tes pieds, glissant entre chaque doigt détendu, tirant délicatement, entourant avec ardeur sans chatouiller, mais tout en douceur. Tu soupires de nouveau, je te sens partir dans un bien être certain.

Je glisse mes mains sous toi et t’enjoins à te retourner. Tu te soulèves et te retrouves offert à ma vue et à mes mains. Je recommence mon massage en partant de ta nuque, que je saisis en soulevant un peu ta tête. Je palpe et malaxe en remontant dans tes cheveux, rejoignant le sommet de ton crâne. Tu sembles apprécier, fermant les yeux et adoptant un air grisé. J’exerce une pression sur tes tempes avec mes pouces, cernant tes oreilles de mes doigts en étoile, allant masser le lobe chatouilleux fermement, puis laissant s’étendre la caresse agile sur ton front, tes joues, l’arête de ton nez. Avec une grande tendresse, mais une fermeté toute joviale, je titille tout ton visage, qui se détend au fil de mes envies tactiles. Je rejoins le cou, que je délaisse vite pour glisser le long des trapèzes, des clavicules jusqu’à ta poitrine qui se soulève au rythme de ta respiration. Je presse et roule la peau, lentement, remettant un peu d’huile au creux de mes paumes, je glisse en grandes arabesques sur ton ventre, entourant le nombril, palpant les abdominaux, descendant bas sur chaque côté. Tes hanches ne me retiennent que peu de temps, alors que tes cuisses appellent un toucher fort et ample, puis de plus en plus subtil au fil de ta détente. Je glisse vers tes genoux, lentement, et ralentis en te voyant te dresser au gré du mouvement de mes mains sur la peau de tes jambes. Tu as un air serein, mais je vois au léger frémissement de tes lèvres et de tes paupières que tu as senti se réveiller cette partie de ton anatomie très révélatrice de tes envies… Je soupire en fermant les yeux, heureuse de déclencher un désir malgré la détente que mes mains t’apportent. Je souris et continue néanmoins ma visite jusqu’à la plante de tes pieds. Je reste concentrée, mais me sens irrésistiblement attirée par cet objet de convoitise tant admiré…

 

Je termine en douceur le massage commencé et me redresse à genou à tes côtés.

 

Tu as les yeux clos et un sourire rêveur, dérivant dans un demi-sommeil attendrissant, mais le pénis gorgé et raide. Je me régale de cette démonstration de tes sens et passe une langue humide sur mes lèvres, n’hésitant qu’une seconde face à ton état d’abandon. Je plonge soudain vers l’objet de mes délices révélés par la lumière mordorée des bougies tout autour. Je suspends mon geste à quelques centimètres de lui, observant les délicats dessins des veines bleutées sur la surface de peau si fine, la forme de ton gland que ma bouche a appris à connaître par cœur, la longueur de ta hampe, ses réactions lorsque je la prends entre mes doigts ou au cœur de mes joues... Toutes images et caresses partagées durant nos moments de plaisir intense, d’émois sublimes ou d’abandon aux envies de l’autre… Tout me revient et me nourrit, me donne envie et me retient, pour prolonger ces instants futurs, de délires et de dons.

 

Je me penche un peu plus, dépose un baiser sur la peau d’une cuisse, remontant du bout des lèvres jusqu’à la base qui se dessine bientôt. Je ferme les yeux et me gourmande du moment si doux où ta queue tressaute lorsqu’enfin je la touche, effleurant les bourses de la langue, remontant le long de la hampe, suivant une veine qui la longe toute. Tu trembles et soupires de ce simple geste.

Je recommence la douce caresse plusieurs fois, tentant pour mieux supplicier ton corps avec tendresse. Je vais de la base au gland sans donner plus. Mais je sens que chaque fois que je me rapproche de lui tu tends ton corps vers moi, ton ventre se posant contre mon front mine de rien l’air de dire… vas-y…prends-moi dans ta bouche.

Je souris et observe l’expression de tes yeux que tu as ouverts sur moi et mes caresses. Vue plongeante sur mes seins qui effleurent tes cuisses à chaque voyage, sur mes cheveux qui caressent ton ventre et ton membre avec douceur, sur ma bouche qui longe sans pudeur la peau de ton pénis.

 

Je remonte et glisse le gland entre mes lèvres, l’avalant entièrement, avec une gouaille tout amante, enroulant ma langue autour dans un baiser sensuel et bien particulier, avant d’enfiler doucement ta longueur entre mes lèvres.

Langoureusement, je reste lovée ainsi sans bouger, profitant de ta chaleur se propageant entre mes joues, sur le lit de ma langue, jusqu’au ciel de mon palais... et je sais quel effet ma chaleur et ma douceur offrent à ton pénis puis ton corps tout entier.

Je ferme les yeux de délice, relâche un peu la pression de mes lèvres, commence un va-et-vient souple, aspirant et tétant avec douceur, gourmande, attentive au moindre de tes frissons. Tu as toujours les yeux fixés sur moi, sur ma bouche qui monte et descend avec langueur, paresseusement ou avec ardeur.

Je partage avec toi un regard tendre qui te dit tout, de mon offrande par ma bouche qui te tient à bout de souffle, de ton abandon qui me tient en plaisir constant.

Je file de bas en haut, de la base et des bourses nichées entre mes doigts d’amante attentive, je retiens ton plaisir lorsqu’il monte et excite tes sens lorsque tu reviens sur terre. Je me sens maîtresse de toi jusqu’au bout de l’âme, et tout aussi fébrile de pouvoir te donner tant.

Je clos mes paupières sur mon émotion, souhaitant concentrer tout mon savoir, tout mon instinct à te donner plus encore, sentir cette vie qui m’habite passer de ma bouche à ton corps, remonter le long de ton sexe jusqu’au creux de tes reins, longer ton dos en un frisson délicieux, laisser monter en toi ce tourbillon de feu pour qu’il t’emporte bien haut sur une extase magnifique, tendant ton corps soudain lorsque tu seras soulevé par cette force invisible et divine.

Je me laisserai emporter avec toi sur cette vague sublime, en ressentant tous les émois revenir à mon corps dans tes cris, tes tremblements, ces mouvements de celui qui subit l’intensité de la jouissance.

J’accélère le mouvement de mes lèvres, de ma langue, rejoins ton ventre de mon front un peu plus vite, enveloppe de toute la bouche et gémie, vibration qui s’installe, tu geins de plaisir, je rejoins mon ventre de mes doigts pour caresser ma vulve brûlante, me donner du plaisir pendant que tu en reçois.

 

J’enfile un doigt aventurier pendant que j’accentue mon mouvement de va-et-vient sur ta hampe, lissant en parallèle mes parois si douces dans un effleurement délicat, sentant couler sur ma main la semence de miel de toute femme, avant de saisir mon clitoris entre 2 doigts savants de moi autant que les tiens.

 

Je t’avale, aspirant, tétant, titillant avec ardeur, enfilant et relâchant le long de mes joues jusqu’à la gorge, laissant partir une seconde avant de reprendre aussitôt, les lèvres envieuses de te sentir à nouveau. Tu râles, je me sens envahie d’un long frisson, je me donne du plaisir par ma main qui ose sur moi ce que ma bouche a d’audace avec ton membre, je râle et tremble, de mes doigts concentrés sur mon plaisir, de ma bouche faisant enfler le tien, le notre devenu.

 

Je t’entoure lascivement de mon antre de mots délicieusement silencieux, imitant ces mouvements tant de fois refait, merveilleux ballet de tes hanches quand tu plonges au creux de moi.

 

J’accompagne le désordre de ton bassin qui se tend, se débat et retient parfois, ramenant ma main aventurière vers mes sens, égarée, en rejoins ton mât, l’enserre de mes doigts, le branle amplement, retenant de l’autre main tes bourses en nid soyeux, je sais que le plaisir devient ultime, que comme un rituel amant entre nous je vais accompagner tes spasmes, tes frissons, tes cris, tes sensations, alimentant les miennes, en nourrissant mon propre plaisir.

 

Je râle du désir de te sentir te tendre encore plus, dans ce sursaut magnifique, je gémis d’anticipation, caresse le gland de la langue, l’enlace souplement, l’agace, sentant durcir ta queue en un soubresaut ultime, raidie je la tête langoureusement, montant et descendant un peu plus vite, accompagnant l’ample caresse sensuelle d’une main enlaçant la base, qui suit en complice chaque mouvement de langue... arquant ton corps une dernière fois, tu gicles soudain, je te retiens de ma bouche entière, me colle en enlaçant tes hanches, glissant mes doigts jusqu’à tes fesses, retenant ton corps tendu encore un peu… dans un baiser audacieux un peu étrange. Je te fais l’amour avec ma bouche et recueille de toi jusqu’à la dernière goutte. Tes doigts glissent dans mes cheveux, s’étoilent sur mes joues, retenant mon visage tout contre toi, comme pour m’éviter d’abandonner ce doux combat.

 

Tu retombes sur le drap sombre sous toi, le corps encore secoué de frisson, la voix rauque chuchotant des paroles tendres. Tes doigts ont relâché un peu leur pression. Tu caresses mes joues et mon cou, dans un petit mouvement agréable et doux. Je souris et laisse ton oiseau quitter son nid pour retrouver celui de tes cuisses. Je lui donne un baiser avant de remonter le long de ton corps. Collant le mien au tien en un geste d’abandon, je pose ma main sur ta poitrine et sens le battement régulier de ton cœur contre mes doigts, ma tête dérive jusqu’à ton épaule, se nichant contre elle avec confiance. Je soupire et me laisse envahir par un sommeil d’ange… en entendant ta voix murmurer des mots doux dans lesquels se glissent les mots fontaine, prêtresse, narguilé précieux...

 

April 02

amantureuse

Caresse, empaume que je saisisse

Parcours, enlace que je dessine

Arabesque tenace quasi assassine

Des sens tenus, ténue prémisse

 

Devine, deviens mes abysses

Perds-moi, de nord et de corps

Prends-moi, essouffle mes accords

Apprends, sculpte les délices

 

Visites, je rends sans remords

Plonge au creux de mes failles

Apprends-moi avec gouaille

Fouille, que de toi je défaille

 

Viens, viens, jouissons encore

Exulte-nous que je m’exalte

Accueille-moi que j’existe

Aime-moi comme je t’adore

March 31

Langage

Dans ma réalité, les mots écrits sont une passion, une indéfectible passion, une ronde parfois infernale, qui m'a quelquefois fait penser que j'étais maudite dans ma nécessité absolue d'écrire, de me lever la nuit pour le faire, sans faille lorsque surgit un fil, une idée, un texte, une poésie, que tout cela soit érotique ou non... écrire comme je l'ai toujours fait est ma libération et ma survie...
 
Le langage parlé, plus direct, la voix, les expressions, le souffle, l'intonation... le regard qui accompagne une discussion... c'est quelque chose de magique, dans un autre genre que l'écrit, lu ou composé... mais, de mes langages familiers que sont mes phrases écrites ou parlées, en plus de ce que ma langue maternelle m'offre comme facilités depuis de longues années (j'ai commencé à écrire très tôt, mes premiers poèmes, mes premières correspondances, à l'âge de 6/7 ans) j'ai aussi une passion de longue date, qui va avec ma passion des mots, et qui semble étonner nombreuses personnes... celui du langage gestuel, la langue des signes, avec ses particularités, ses ressemblances et différences selon les pays.
 
J'apprends actuellement la langue des signes québécoise (LSQ), une langue à part entière, superbe, poétique, expressive, directe, coléreuse ou douce, selon l'humeur, le sujet, la personne, le moment, la discussion... puisque, comme pour une voix... les mains et le visage, la posture deviennent l'intonation des gestes, des mots signés... deviennent des mots, des images, des concepts, concrets ou abstraits...
 
Je suis fière de pouvoir composer avec une langue de plus dans ma vie, bien qu'encore méconnue, et de l'intégrer à mon quotidien, tout comme d'intégrer une perception un peu différente que cela offre à ceux qui ''signent'', de la vie, des gens, des choses...
 
 

foule complice

Le vent soulève un peu ma robe qui souligne ma très ronde silhouette, le décolleté en V suggestif dévoilant un sillon provocant, le tissu fin et souple accentuant la courbe de mes hanches. Ton regard qui y plonge avec gourmandise me fait défaillir d’anticipation.   

Nous atteignons la place, où une foule grandissante emplit tout l’espace.

 

Tu mêles tes doigts aux miens en les serrant doucement, rassurant, j’oublie la foule dense et te suis, tes enjambées rapides nous emportent vite dans un coin reculé, oublié du monde.

Il y fait un peu plus sombre, et un arbre au feuillage verdoyant ondoie dans la brise, légèrement, nous tend des branches invitantes, ne laissant pas trop pénétrer la lumière encore vive du soleil.

 

Je m’assieds par terre, sur un carré d’herbe tendre, observant de loin la marée humaine qui tournoie en essayant de se rapprocher du plus près des futurs évènements. Je ris un peu en les voyant s’installer rapidement, pensant avoir chacun obtenu la meilleure place.

 

Je m’adosse à l’arbre, en écoute le langage, sève et vie qui s’y écoule. La brise caresse mes joues, je pose la tête sur le tronc rugueux en inspirant.

 

Tu prends la main que je te tends, et me rejoins, t’allongeant sur le sol, avant de poser ta tête au creux de mes cuisses, entourant ma taille de tes bras, collant ton visage tout contre mon ventre.

 

Je glisse une main dans tes cheveux, t’invitant à rester ainsi, pendant que tu inspires mon odeur de femme… parfum, savon et intimité mêlés.

J’observe ton visage serein, ton corps alangui comme un chat, tu fermes les yeux et étires les lèvres en un sourire angélique, je sens que tu me caches quelque chose. Quelle pensée coquine se cache derrière ces yeux clos?

Un long moment s’écoule, dans ce bruit qui me semble de fond depuis que je te regarde, reposé, l’air heureux, comblé.

Tes cils font des ombres sur tes joues, j’en frôle une du bout des doigts, appréciant sa douceur. L’arête de ton nez m’invite à une visite, je la remonte et fini en papillonnant sur ton front, rejoins ce creux en dessous de tes lèvres, caresse et enlace chaque parcelle de mes doigts, lentement, comme une multitude de baisers d’empreintes, légers comme un souffle.

Tu souris, je fais s’envoler mon index jusqu’à tes lèvres étirées, le dépose délicatement et effleure la surface délicieuse. Tu le saisis entre elles et entreprends de le goûter du bout de la langue, retrouvant le goût de pêche mangée tout à l’heure. Je tressaille de si peu… et de tant.

 

Tu ouvres les yeux, je te lance un long regard trouble en continuant de jouer sciemment. Je plonge le doigt curieusement sensuel entre tes lèvres, effleurant ta langue en son écrin tiède, l’imaginant lorsque tu me fouilles d’elle, inondant mon ventre à la seconde.

Tu tètes un peu en me fixant, je rougis et frissonne, ne détournant pas mon regard du tien. Tu me lis jusqu’à l’âme, sachant que mon désir de toi augmente. Tu fais de moi un instrument de mon propre plaisir, et je l’espère si fort, du tien.

Je repose la tête contre l’écorce en fermant les yeux et laisse l’index trouver la moiteur encore, je te fouille de lui comme ton sexe le fait en moi d’habitude, ou ta langue dans ma bouche lorsque tu me donnes ces baisers qui me font perdre la raison.

Je me redresse de surprise en sentant une main aventureuse glisser sous l’étoffe de ma robe, remontant jusqu’à un genou rond et doux. Tu titilles l’arrière si tendre, ce creux délicieux que j’ai parfumé légèrement après ma douche.

Je te regarde, un peu surprise de ton audace, alors que le monde n’est pas si loin. Tu hausses un sourcil, l’air de dire « oserais-tu? ». Je réponds de mes yeux, perplexe, te laissant le soin de tester ma résistance à l’invasion que tu entreprends.

Tu reprends ton chemin l’air canaille, toujours blottis contre mon ventre tiède et souple. Tu remontes la peau d’une cuisse qui s’écarte soudain en tremblant.

Tu la flattes et l’effleures, je me laisse griser par cette invite. Je m’adosse l’air de rien un peu plus contre le tronc et observe ton visage entre mes cils baissés. Tu as l’air concentré, curieux d’apprendre et sûr de toi, tout à la fois.

Je sens le bout de tes doigts agacer ma peau, tournoyant et prenant le temps d’échauffer chaque millimètre offert.

Tu te glisses alors entre ma peau et l’élastique de mon slip, me voici avide de découvertes… et d’être découverte…

Un doigt se faufile, astucieux, il est rejoint par un deuxième, curieux de ce Nouveau Monde à conquérir, ils tiraillent une seconde pour laisser libre cours à leurs audaces, saouls, délirants, ils se délectent de la courte toison humide puis de la douceur de la peau, de sa chaleur, sa souplesse.

Ils frôlent un espace vallonné, séparé par une douce ravine. Ils s’y intègrent sans mal, jouant un peu au début, puis prenant de l’assurance, ils entrent enfin dans une grotte sombre, qui offre son or liquide, miel de femme en désirs.

Je te sens qui pénètres, lentement, touchant mes parois en petits à coups fantastiques, je tremble et m’avance sur eux instinctivement. Tu déposes alors ton pouce sur ce petit pic de chair qui se tend, avide et jaloux de te sentir enfin t’intéresser à lui. Je gémis et me redresse d’un coup, un peu anxieuse de nous faire découvrir mais déjà perdue dans le plaisir.

Le feu d’artifice a commencé, mais j’ai oublié quand et comment. Je ne vis que par tes doigts qui osent. Ma respiration se fait rapide, hachée, je suis devenue feu liquide. Ma sève coule sur ta main, flot délicieux de mes désirs révélés à elle de manière si subtile.

Tu plonges de nouveau ton visage tout contre mon ventre, semblant vouloir te noyer en lui, aspirant doucement ma fragrance féminine et celle de ce nectar qui coule.

Tu as un air presque désespéré de me voir réagir à tes caresses, alors que tant de semaines ont séparé nos corps. Je sais que tu penses à la nuit qui va s’offrir, ensuite, mais alors que tu sembles vouloir te perdre en moi, et que tes yeux me le crient si fort, je sens monter un éclair de jouissance à laisser ta main découvrir et exciter mon intimité. Tu le saisis de ces yeux qui me dévoilent, envahissant le moindre espace libre qui ressent et espère ta présence, accentuant tes mouvements au creux de mon vagin, triturant, titillant mon clitoris qui appelle ardemment l’extase…

Je creuse les reins d’émois, gémis encore et me lance dans un halètement sans fin. Aspirant l’air à petits coups fragiles, souhaitant en manquer… souhaitant en obtenir.

Je ne sais plus où je suis, qui je suis, je ne sais plus que tes doigts, ton odeur qui me vient parmi celles de l’herbe, des arbres, de la poudre qui explose, de la barbe à papa que tu as mangée tout à l’heure.

Je ne sens plus que toi, si intensément que c’est comme t’être fondu en mon sein. Je vibre et me laisse attraper au vol. Je déploie mes ailes et rejoins bien vite le ciel.

Il me vient l’image d’un feu de Bengale qui s’affole et s’agite… et explose en un cri… plaisir étrange, plaisir torride, trouble...

Je me rends compte que c’est mon cri qui vient de jouer son solo.

 

Je suis surprise et un peu gênée d’être venue ainsi, si vite, au vu et au su de tout un chacun.

Mais nous sommes seuls, la foule est acquise aux feux qui sifflent dans le ciel d’où je retombe.

Tu te redresses, agenouillé face à moi, me fixant de tes yeux d’amant qui vient d’offrir des délices et s’en montre fier, à juste titre.

Tu glisses ta main sur mes joues, avant de rejoindre ma bouche et d’y glisser un doigt au goût de miel. Je l’attrape sans complexe, te rendant ce regard un peu bravache bien qu’encore trouble des plaisirs, l’avalant entre mes lèvres, le suçant et l’enroulant de ma langue.

Tu as de nouveau cet air hagard de celui qui veut, mais qui devra attendre, avant de te pencher pour m’enlacer et offrir à ma bouche un baiser presque adolescent, folie douce, folle danse, ta langue glisse, court et entoure la mienne, tentante.

Je frissonne et me grise, vin subtil que tu me donnes, savant et sauvage, sachant bien que ce baiser est pour toi une lente torture autant qu’une fougueuse prémisse à d’autres plaisirs, bientôt…

February 28

Chrysalide

 

 

Partis pour un week end de camping, nous voici devant un feu de camp tout ce qu'il y a de plus vrai, je déguste un carré de chocolat noir en observant le jeu des flammes, les bruits de la nature alentours , le rire des autres campeurs un peu plus loin, je soupire de bien être, j’oublie mes cours, mon job, mon tourbillon de vie, je ne pense qu’à profiter de cet instant de douceur et de bonheur simple en ta compagnie.

Nous sommes arrivés hier soir et avons dormis comme des loirs dans les bras l’un de l’autre, dès la tente montée et le camp installé, juste heureux de sentir nos chaleurs et nos corps emmêlés… Je sentais ton désir tout contre mes fesses, tes caresses  simplement sublimes, mais trop fatiguée par le rythme soutenu des derniers mois, le voyage, notre arrêt coquin en cours de route, j’ai cédé au sommeil en me calant dans tes bras compréhensifs.

Il a plu toute la matinée, et l’odeur de terre, d’humus et de feuilles mouillées est tenace, lourde, intense, presque animale. Je me sens moi même un peu animale, et souris en voyant ton corps d’ours déplier sa carcasse pour aller ranger les restes des effets de notre repas dans le coffre de l’auto.

La noirceur tout autour malgré le clair de lune est totale, on sent le poids de la solitude, et cette absence de la ville, propice au repos et au farniente. Cela nous change de nos retrouvailles habituelles, et je me sens doucement embarquée par l’ambiance simple et chaleureuse.

Un moment plus tard, silencieuse, sereine, je reviens d’une bonne douche qui m’a quelque peu soulagé de mes courbatures, de mon corps habitué au rythme de la ville, du travail, qui ne l’est plus à celui du grand air ;) Je me dirige dans le noir, sans appréhensions, je te pense installé pour la nuit, sûrement en train de lire.

La toile me tend son dôme invitant, tu as éteint le feu, tu es déjà à l’intérieur, je pénètre enfin sous la tente et te surprends en train de te tortiller pour enlever ton caleçon dans l’espace minuscule, toi et ta grande taille pliée plus que de raison ;) Le matelas est confortable, et le sac de couchage tout ce qu’il y a de plus moelleux et chaud, notre nid est douillet…. Je ris en refermant la fermeture et éclaire une lampe supplémentaire, tu te tournes en me faisant une grimace l’air de dire…Toi et tes idées de grand air!…

Je me suis mise sur le dos, faisant glisser mon pantalon sur mes cuisses, avant de commencer à déboutonner mon haut l’air de rien. Tu observes comme chaque fois ce qui est devenu une sorte de rituel, qui cette fois est un peu bousculé par l’exiguïté des lieux… Je ne pourrai pas me dresser sur la pointe des pieds pour t’embrasser à pleine bouche, pour saisir ta nuque de mes mains pour attirer ton visage au mien…

Je te le dis, l’air espiègle, et ton visage s’éclaire soudain, de cet air canaille, petit démon du soir qui montre ses intentions avant de les voiler derrière un air sérieux et concentré. Tu t’allonges sur le côté, tout contre moi, retenant ta tête d’une main, tu envois l’autre main en ballade vers les boutons encore fermés. Je regarde l’avancée de cette même main qui sait si bien me donner du plaisir, je déglutis et inspire profondément, tu me lance un coup d’œil ironique en sachant bien à quoi je pense.

Tu approches l’air de rien des petits cercles de métal cuivré, les défaisant bientôt avec adresse. Je retiens mon souffle. Tu observes chacune de mes réactions, mais retiens aussi ton air lorsque tu écartes doucement les pans pour dévoiler ma peau, mon soutien gorge, et mon slip noir, très simple qui moule mon ventre et mon pubis. Je soupire en te laissant continuer un peu ton ouvrage, emportant sous mes paupières closes le feu de ton regard concentré, désireux…

Je me concentre et tente de suivre le voyage que tu entreprends sur moi. Je sens un chatouillement entre mes seins et en comprend la raison lorsque les bonnets s’ouvrent, libérant la masse souple et tiède de ma poitrine… Tu soupires et continues cependant, je frémis lorsque je sens un mouvement chaud sur mon cou, tu y déposes l’index, le faisant suivre la veine palpitante, rejoindre une épaule, glisser et s’égayer comme une aile de papillon sur mon bras jusqu’au poignet…puis plus rien quelques secondes…

Je me cambre lorsque ta main toute entière s’étale sur mon ventre avant de remonter jusqu’à un sein qui se love contre la paume si chaude. Je sens la pointe, traversée par une lame de feu, se durcir et se projeter vers l’avant, cognant dans de sourds battements de cœur contre la peau de tes doigts, l’aréole foncée se contractant doucement sous le toucher léger  et ferme tout à la fois. 

Je continue de suivre tes mouvements, bien moins concentrée il faut l’avouer, tendue du sommet de la tête à la pointe des pieds, je suis comme une harpe sur laquelle tu jouerais instinctivement une intense musique. Je vibre sous le mouvement de tes doigts, le son de ton souffle qui s’est accéléré, me donnant une cadence rythmique tant appréciée. Tu joues de mon corps, de cette attente qui nous habite, et je réponds comme un archer sur les cordes d’un violoncelle…délire, ou lyre, que sais-je, je suis vivante ainsi sous cette composition unique et me laisse griser par ce concert improvisé mais sûr.

Je reviens à un peu de cohérence, suivant de nouveau tes pérégrinations héroïques, tu es partis comme un croisé en bataille avec l’élastique de mon slip, tu capitules à vouloir l’ôter d’une main et passes sous la gênante barrière, retrouvant bientôt la douceur d’une fine toison et le charme de ses courtes boucles sombres. Tu frottes mon mont de vénus du plat de la paume, effleurant le bord de mes lèvres intimes, agaçant mes sens plus que de raison. Tu les effleures du bout des doigts, avant de laisser l’un d’eux s’approcher du gouffre, enfilant l’audacieux entre la chair rose et douce, tu rejoins un point culminant qui me fait râler et me tordre très vite.

Saisis, frotté, titillé ardemment, je cède au plaisir et appelle ton nom… et crie de délice lorsque tu forces avec délicatesse les parois de mon vagin et y glisses un doigt qui tournoie, effleure, avec fermeté ou une douceur exquise qui me noie de bonheur.

Je reviens sur terre lorsque le matelas bouge à côté de moi, Tu t’es agenouillé et me surplombe, je laisse errer mon regard lourd et voilé sur ton corps nu qui me plait tant, qui m’émeut et me grise, sans complexe.

Je regarde ta langue se tendre pour goûter un mamelon couleur de rose, entourant la chair tu laisses un feu liquide se répandre le long de mon corps, concentré sur cette partie de peau que tu agaces subtilement. Je ne ferme pas les yeux sur toi lorsque tu attrapes la pointe entre tes dents prudentes mais habilement tentatrices, mordillant sans façon, triturant un peu, tétant sans vice, excitant mes sens rien que par cette caresse. Je gémis et te retiens lorsque tu fais mine de vouloir me laisser, mais tu passes au jumeau jaloux qui se présente, avide, ardent et répondant à tes avances autant que son voisin.

Je défaille soudain lorsque de tes doigts tu reviens à mon ventre brûlant et humide de tant de prémisses, en continuant la torture délicieuse que ta bouche fait subir à ma poitrine plantureuse. Je coule sur eux et lance une complainte qui te grise.

Doux son du plaisir qui inonde mon corps.

Te voir si prolixe et envieux de me donner plus me fait l’effet d’un coup de fouet, je creuse les reins et ondule du bassin sans conscience, glisse mes mains dans tes cheveux, marmonnant des paroles sans suite… Explorant ton visage, tes épaules, ton dos, rejoignant la peau de tes cuisses, avant de passer une main curieuse le long de ton ventre pour découvrir la force de ton sexe tendu. Je réponds à ton érection ardente en laissant un long frémissement parcourir mon corps entier. Je saisis ton pieu sans hésiter et commence à lui rendre la pareille, envahissant la chair délicate de ma main entière, le comblant de caresses prometteuses. Je te dis, viens, tourne toi je te veux dans ma bouche. Tu regardes ma main enserrant si bien ta queue dressée, tu me recouvres de ton corps et plonges le visage au cœur de mes cuisses, m’offrant ton sexe comme un cadeau. 

Je souris et ouvre un regard gourmand sur l’objet de mes délits et de mes délires, suivant bientôt du bout de la langue la veine bleutée connue par cœur de mes yeux, de ma bouche et de mon ventre, mais tant de fois redécouverte avec ardeur et envie. Je lèche la pointe sur laquelle une goutte de rosée se présente. J’entoure de ma main la raideur de ton membre, retenant avec force et chaleur le mât qui se tend, remontant tout son long jusqu’à la base, au centre de ta toison masculine, tout en donnant de petits baisers incisifs sur ton gland qui vibre. Ta hampe tressaute, je la sens de mes doigts se tendre un peu plus, alors que je glisse sensuellement ma bouche tout autour… Je t’avale et aspire, te retiens et te laisse repartir, avant de ré engloutir avec envie. Je joue ainsi de longues minutes, faisant grimper d’un degré ton envie et je vibre en retour sentir ta langue et tes doigts me combler de délices.

Mes lèvres collées contre ton ventre, la chaleur et cette douceur de toi est sublime, alors que plus bas,  je sens ta langue me remplir et tournoyer en un baiser sauvage et sans complexe, avec cette adresse que tu as de ressentir si fort les désirs de mon corps, alors que tu es planté ainsi entre mes joues et que ma propre langue te grise et agace tes sens avec déraison.

Je sens la peau de ton ventre sur la mienne, électrisant chaque pore de sa présence,  ta bouche qui aspire et goûte mon suc de femme en désir, tes mains qui parfois enserrent mes cuisses, tes doigts qui entrent et sortent en un ballet magique au cœur de ma féminité brûlante.

Je nous vois en pensées, tremblant de désir et de cette caresse audacieusement indécente mais si pleine de frissons, semblable à une drôle de créature à deux têtes qui se donnerait du jouissance ainsi, enchevêtrée d’elle-même, se goûtant sans relâche, se pénétrant tête bêche comme un siamois hermaphrodite.

Je ne sais pas si tu as senti dans mon corps le fil de mes pensées, mais tu te retires soudain de ma bouche, venant mêler mon goût au tien sur mes lèvres, au cœur d’elles, enlaçant ma langue à la tienne avec fougue, glissant hors de ma bouche pour aller titiller mon menton, puis une oreille sensible, laissant sur ma peau un serpent de feu et une envie décuplée.

Je me jette dans cette bataille de nos sens, exacerbée par les ombres des feuilles d’arbres qui se découpent en ombres chinoises mystérieuses, leur bruissement tout autour, le rire d’une bande jeunes en ballade, je gémis contre ta bouche gourmande de ma peau et de mes lèvres, de ma langue et de mes plaintes et intègre tous ces bruits que la nature nous offre sans compter, donnant à nos ébats une saveur unique.

Tu te plantes d’une poussée au fond de moi, me clouant sur place d’un plaisir certain, je le laisse m’envahir et m’essouffle vite, suffoquée de tant, en délire. Je jouis de manière inattendue, alors que ta science de moi a saisi la menace avant mes sens, tu bouges subtilement et me remplie fort, butant tout au fond de mon ventre en fusion.

Je râle et t’entoure de mes bras, te serrant avec force avant de me cambrer en un frisson qui finit de m’emporter, te soulevant un peu de mon corps arqué. Tu attrapes de tes dents ma lèvre inférieure, avant de cueillir mes mots d’une langue enveloppante et tendre. Je tremble violemment et me tends, touchant ta peau partout où je le peux, griffant  légèrement ton dos dans mon voyage ultime.

Tu reste un moment sans bouger, laissant la tempête se calmer dans mon corps, qui garde pourtant une marque heureuse de chaque orgasme passé. Je retombe inerte, saoule et comblée, laissant un instant mon cœur se calmer de sa belle cavalcade, pour un temps du moins car je te sens si bien envahir mes parois que je commence un mouvement très doux, presque discret, en avalant ta queue de mon ventre, la laissant s’évader parfois pour mieux la reprendre.

Je te repousse sur le côté, et entreprends de te chevaucher sans attendre, laissant mes mains s’étaler sur ton torse, mes doigts en étoiles se baladant sur ton ventre, ta poitrine, tes épaules.

Je me penche, déposant mes seins tout contre ta peau, frisson qui me noie. Tu attrapes de tes mains chacun d’eux et en approche la bouche, suçant les pointes avec art et malice. J’échappe à tes lèvres et me redresse, trouvant une pose qui te projette loin en moi, resserre mes parois tout autour de toi, me laisse envahir en m’empalant entièrement, puis me soulevant, jouant du bassin, je te laisse quitter ton nid si tendrement excitant avant de te revenir souplement.

 

Je me sens un court instant maîtresse de la situation, alors que tu bascules le visage vers l’arrière tremble et geins de façon révélatrice, je souris heureuse de pouvoir te donner ainsi du plaisir et poursuis ma cadence, sans relâche, modulant au gré de tes réactions.

 

Tes mains trahissent ton trouble bien vite, si ton visage ne les avait devancées, elles agrippent mes hanches, tes pouces plantés dans la peau de mon ventre tu me fais prendre un autre rythme, me retiens et me fais onduler plus près, presque immobile parfois mais te sentant intensément tout au fond de moi, enlacé de ma chaleur et de mes muscles qui se contractent sans fin tout autour de ton sexe dressé. Tu me donne un rythme que j’entretiens sans faille, en subis les effets sans contredit, gémissant du plaisir qui grimpe...

Tu glisses tes deux mains en coupole sur ma poitrine, puis bien à plat mon ventre, sur mes cuisses que tu caresses avec force, avant de revenir attraper mes hanches pour m’infliger une torture délicieuse en imprimant à mon bassin un mouvement passionné.

Je te donne du plaisir, c’est certain mais tu me rends la pareille sans hésiter alors que je ne peux résister longtemps à tes coups de reins lents et souples, à tes mains qui me guident, me grisent de leur présence. Je les rejoins, y emmêle mes doigts aux tiens en une étreinte intime, nous sommes ainsi comme liés de partout… je gémis lorsque tu me serres avec une force presque brutale, collant nos paumes avec passion, étreignant mes doigts avec fébrilité. 

Je réponds avec instinct à ton corps, doux orage de nos sens qui s’envolent, ruant un peu  je me libère de ta poigne de fer et accélère, dans une chevauchée qui nous mène, terrible chaleur, magique ardeur, je te guide, je te sais égaré sur un chemin où je suis, râlant un peu puis me disant ces mots que je me complais à réentendre, y répondant à chaque fois par un coup de rein indécent et tendre, puis sauvage et primitif.

Je suis sur la vague, sublime, avalant soudain ton plaisir qui se déchaîne, je cherche mon air, plaisir magnifique qui nous submerge, je vibre sur toi, si bien envahie, de toi en entier, de ta bouche qui gémis et de tes mains qui rejoignent de nouveau mes hanches pour me coller à toi avec brusquerie et passion, m’empêchant d’échapper à cette invasion de tout ton être. Tu m’enlaces soudain, attrapant ma bouche comme jamais, me faisant trembler et me perdre, alors que l’orgasme me jette inerte sur une rive insoupçonnée et pourtant tant de fois visitée.

Il faut un long moment à mon cœur et à mon corps pour se calmer, et même encore, le simple fait de t’avoir encore au creux de moi me fait violemment trembler.

Tu me bascules doucement sur le côté, me laissant retrouver le creux de ton épaule, déposant de petits baisers coquins sur le bout des doigts, sur mon visage, finissant sur mon front…

 Je me laisse aller au sommeil, dérivant doucement lorsque soudain je me redresse et comprends quel spectacle nous avons dû offrir à la nature tout autour, car nos corps se découpent en ombres chinoises bien nettes, sur un fond de toile claire avec les lampes oubliées encore allumées, si par hasard quelqu’un est passé par là, il a dû  en avoir pour son saoul de la scène ainsi révélée de nos ébats passionnés, des images de nos corps enlacés, emprisonnés de la chrysalide improvisée que forme le dôme illuminée de l’intérieur…

January 30

Nuit blanche

J'ai commencé à écrire érotique il y a maintenant un peu plus de 3 ans, retour d'un ancien texte, pas des meilleurs mais de ceux, tendres, qu'il me plait toujours de relire, consciente de sa simplicité, mais aussi de ce que de doux je possède au creux de moi.

''Tu dors… Cela fait de longs instants que je t’observe ainsi abandonné à ce sommeil réparateur et tranquille. Tu es beau, mon cœur se serre à chacune de tes respirations, je survole des yeux la ligne de ton nez, la courbe masculine de tes sourcils, tes joues où j’aime tant poser mes mains, les pouces caressant lentement tes lèvres et les plis qui les bordent, la frange de tes cils si sombres projetant des ombres douces sur ton visage masculin… Ta bouche entrouverte appelle les baisers mais je me contente de glisser mes yeux sur ce paysage aimé, et ce qui me plait tant chez toi, en dehors de cette attirance époustouflante. Ta force tranquille, ce petit air maladroit qui m'émeut, cette innommable façon de me comprendre au quart de tour, cette manière de me regarder au fond de l’âme, presque nonchalant, mais si intuitif de ce qui me concerne que tu me surprends toujours plus. Je frissonne à simplement penser à notre façon de faire l’amour, généreuse, intense, de fougue et de douceur, tout à la fois, pour mon plus grand bonheur, sans oublier cette Magnifique complicité de tous les instants.

Chaque départ et chaque retour, et surtout chaque instant avec toi. La nuit est là, sur nous, précieuse nuit volée à nos vies parallèles, et tout me grise déjà dans ce simple fait…te regarder dériver dans le sommeil, simplement… moment rare et précieux des amants que nous sommes.

Je résiste à l’envie de me fondre contre toi, de me nourrir de ta bouche, de caresser ton corps, de prendre ton sexe au creux de mes lèvres, entre mes paumes, ou au creux de moi. Je résiste et me lève, pourtant, abandonnant ton corps de géant ici, au sommeil, avant de me glisser dans le silence de la nuit.

J’ai emprunté et enfilé ta plus grande chemise, descends les escaliers, pieds nus, comme toujours, et vais dans la cuisine. Je n’allume pas, la clarté de la lune à l’extérieur éclaire la pièce d’un halo agréable. Le sommeil a fui pour un moment, je fais chauffer une tasse de chocolat, le panneau lumineux du micro ondes indique 2h16. Je prends le contenant entre les doigts, me les réchauffant avec prudence, je me dirige vers le salon, me laisse dériver dans mes pensées, calmement, sans contraintes, en m’accotant au canapé, regardant au loin derrière la fenêtre.

J’aime la nuit, avec ses bruits et ses silences, ses maisons éclairées parfois où jeter un œil fait de soi une sorte d’observateur externe, un peu voyeur, curieux et anonyme. J’aime la nuit dans cette maison qui parfois nous accueille, prêt généreux d'un ami, elle m’accueille et m’entoure de ta présence comme tu le fais si bien toi même.

J’effleure du bout du nez le col de ta chemise, elle sent la lessive et ton parfum, au petit goût de vanille, ton odeur virile, et maintenant, un peu de moi, de cette fragrance féminine, fleurie, subtile, de lilas, qui s’y mêle avec harmonie. Je soupire et avale une gorgée de ma boisson en fermant les yeux. Le cuir du canapé se réchauffe contre ma cuisse, je sens sa douceur et tremble en imaginant que c’est ta main qui s’y ballade.

Il fait un peu de vent dehors, les feuilles des arbres bruissent, passant par saccades devant les lampadaires dont elles cachent momentanément la lumière un peu blafarde.

La rue, la nuit, a une vie propre, tout juste embêtée par les phares d’une auto qui passe, ou un fêtard égaré qui rentre « tard », maudissant le manque de taxis en remontant le col de sa pelisse d’un air frileux.

Je soupire de nouveau, de délice, en sentant tes bras entourer mes épaules, s'enrouler, m'enlacer pleinement, me collant avec une force tranquille et sûre contre toi. Tu sens le sommeil, comme un enfant, et je me sens femme, tout contre ta peau nue dans mon dos. Un peu chatte aussi. Je me serre contre toi, frotte ma joue contre la tienne, alors que ton visage a trouvé un nid chaud au creux de mon cou.

Tu me demandes si je vais bien, pourquoi je ne dors pas, puis un « tu me manquais p'tite Louve » qui me laisse heureuse. Je souris et me presse contre ton grand corps souple et tendre, envieuse de lui transmettre ma chaleur et ce calme qui m’habite cette nuit. Je suis bien et si je veille, c’est pour mieux profiter de cette pensée que j’abrite.

Tu te reposes contre moi, la joue appuyée contre le profil de mon visage, tu regardes le mouvement des feuilles et adoptes un léger balancement semblant suivre leur rythme. Je le suis, sereinement, et soudain, c’est comme si nous dansions, délicatement enlacés, faisant partie de cette nuit qui me fascine.

Je tourne un peu le visage vers le tien, frottant de nouveau ma joue contre la tienne, laissant sa légère rugosité agacer ma peau. Je pose ma bouche sur elle, en un baiser très doux, fervent, simplement, en fermant les yeux pour mieux ressentir cette émotion que cela me fait à chaque fois…depuis ce premier, tout premier baiser, maladroit et magnifique, dans le grand froid ignoré, ce moment où j'ai vu tes sommets se faire accessibles à la petite que je suis.

Tu resserres tes bras autour de moi, en soupirant de bien être, je sens que tu es calme, reposé, mais une intrusion tout contre mes fesses me fait sourire, envie qui me gagne un peu plus, désir qui continue de croître... et me rend toute chose.

Tu poses les lèvres juste à la base de mon cou, au creux de la clavicule, tes cheveux caressant mon oreille en un effleurement si léger que c’est comme avoir un papillon se posant tout contre. Tu mordilles, canaille, aspirant un peu la peau, je frissonne dans la douceur et la sensualité de l’instant. Ma nuque a rejoint ton épaule, posée souplement, elle montre mon abandon si tendre, et le frisson qui parcourt mes courbes dévoile un trouble bien peu innocent.

Tu remontes une main sur la peau de ma cuisse, à la lisière de la chemise, soulevant enfin le tissu léger qui glisse, révélant ce qu’il cachait bien peu. Tu voyages ainsi accompagné jusqu’à hauteur de mon nombril, appuyant sur mon ventre, comme tant de fois adorées, tes mains en étoiles, moment privilégié où je prends conscience de combien tu adules ce corps aux valons généreux. Tu me colles contre toi plus fort, me faisant apprécier la dureté de ton sexe sur la peau nue de mes fesses.

Je tremble et me porte à sa rencontre, cambrant inconsciemment les reins en une invite tentante. Tu prends tes aises et disposes de mes seins à ta guise, quel délice de sentir tes paumes en entourer toute l’ampleur, en une large caresse enveloppante. Je pose mes mains sur les tiennes et accompagne leur ballet, passagères clandestines embarquées dans un voyage tumultueux et sensuellement grisant.

Tu attrapes leur petitesse sous tes paumes, les guidant dans une ballade érotique, quasi exotique. Tu en emmènes une se poser sur un sein alangui, qui se tend sous elle, qui pointe un mamelon tout contre sa ligne de vie !

Tu t’en mêles et agaces le pic curieux avec ton pouce alors que je caresse amplement la lourdeur juste en dessous. Tu embarques la seconde dans une descente vertigineuse, survolant un nombril, un ventre au renflement prometteur, pour atterrir sur un pubis affolé.

Nos doigts enlacés se glissent entre les poils sombres, avant de s’évader vers un lieu plus propice et plus chaud. L’excitation de nous sentir jouer de nos mains ensembles me fait trembler et gémir.

Tu attrapes ma bouche de la tienne, avalant cette marque de plaisir instinctif. Ta langue frôle ma lèvre inférieure, visite le coin de celle du haut, puis se glisse habilement entre les deux, en satisfaisant ainsi toute l’assemblée. Elle s’enfile agile et cherche, je gémis et me montre jalouse de ce contrôle que tu as de tes sens en ce moment.

J’y joins ma langue, espérant te faire perdre la tête, y laissant la mienne bien vite, heureuse de te sentir râler contre elle. Nos mains ne sont pas en reste, ma poitrine se tend avidement sous la chemise, les aréoles sombres se dévoilent sous le tissu clair, les pointes tendues se dessinent et soulèvent le coton. Je sens ton désir croître un peu plus, comme si c’était possible alors que tu laisses mes mains continuer seules leur route et leurs agacements pour défaire les boutons minuscules. Ta bouche ne quitte pas la mienne, je la sens s’étirer en un sourire victorieux lorsque la dernière boutonnière cède enfin. Tu replonges avec force, passionnément, au cœur de ma bouche, fouillant avec art, emmêlant avec instinct, grisant jusqu’à mon âme.

Tes mains ont rejoint mes épaules, l’une d’elle passe sous mon menton, approchant un peu plus ma bouche de la tienne en une étreinte si intime que je jurerai avoir rougi, l’autre allant titiller de nouveau ma poitrine jalouse, remontant ensuite pour agripper l’étoffe, la faisant glisser vers l’arrière, dévoilant avec minutie chaque centimètre de ma peau. Mes bras sentent le frôlement si doux lorsque le vêtement s’envole et tombe sur le sol dans un bruit feutré.

Ta peau contre la mienne paraît brûlante, je la touche pleinement, de mes cuisses, de mon dos, de mes fesses, de mes mains sous les tiennes de nouveau, qui ont repris leur course effrénée sur mon corps. Tu glisses un doigts curieux entre mes lèvres intimes, découvrant un bourgeon sensible et gorgé de te sentir si proche de lui. Tu l’effleures et je défaille, appuyée contre toi dans un geste d’abandon, je m’offre. Tu plonges soudain un majeur audacieux dans mon vagin, tournoyant doucement, frôlant et régalant les parcelles tendres.

Je tremble et laisse échapper un cri de plaisir, lâchant tes mains avec urgence je rejoins la peau de tes cuisses, griffant un peu, caressant du bout des doigts, puis de toute la paume, malaxant une seconde, effleurant l’autre, remontant en cercles concentriques jusqu’à cette colonne de chair qui me nargue.

Je la saisis entre mes doigts, dans mon dos, un peu malhabile. J’en éprouve la raideur, retrouve la douceur de la peau si fine, la presse contre mes fesses voluptueusement. La tête se pointe mine de rien, envieuse de caresses, je l’effleure dans un geste sensuel, attrape de nouveau toute la longueur en un mouvement de va et vient volubile.

Tu frissonnes et interromps ton voyage une seconde, semblant avoir oublié tout ce qui n’est pas sur ton membre. Je ralentis un peu, conquérante, mais tu reprends vite ton manège sublime.

Tu envois ton bassin contre moi, doux balancement instinctif et primitif. Je réponds coquine, jouant de ce que la nature me donne.

Je me retourne contre toi, laissant la peau de nos poitrines refaire connaissance, tu t’appuies sur l’accoudoir du canapé en m’attirant entre tes cuisses, je me colle contre ton torse, sans lâcher l’objet de mes délices…et des tiens car il se tend et vibre soudain.

Je bois ton cri entre mes lèvres, m’en saoule comme tu le fais toi même si bien avec les miens, je me délecte et brave ta langue qui se venge de cet abandon en essayant de me griser d’avantage.

Je souris et entends le message, je m’enroule sur elle, tourbillonne, effleure, attrape et aspire avec délice. Je bataille avec tes sens jusqu’à ce que tu cèdes, enfin, vaincu avec justice …

Je pousse sur ton torse et te fais basculer sur le cuir souple, un peu froid au début car tu sembles saisi de surprise, mais bien vite réchauffé par ma bouche qui a rejoint ton pénis pour s’en éprendre.

Tu te tends et te colles contre elle, attrapant mes cheveux, un rien primitif, mêlant tes doigts aux boucles insolentes, qui te font de sombres caresses sur la peau de ton ventre.

J’aspire, engloutis, avale sans complexes, je m’offre ce bonheur de te faire mon esclave un instant, féminine, sensuelle, insoumise dans ce geste d’abandon et de don si tendre. Tes bourses cueillies entre mes doigts savourent la plénitude de l’instant, tu gémis et je souris de bonheur de me savoir capable de te donner tant de plaisir.

Tes mains jointes sur ma nuque me disent quel rythme… sauvage, je les laisse à leur invite et entreprends une cadence affolante, descendant, montant, léchant, suçant le gland, attrapant dans mes paumes la base en une caresse magique, ample, tantôt rapide, tantôt lente.

Je te sens qui te tends et espères, qui te tords et désespères.

Tu frissonnes et gémis, aspires à grands coups l’air tout autour, je te sens vibrer jusque dans ma bouche, entre mes joues serrées et ma langue gourmande. Tu te laisses emporter soudain, dans des flots m’inondant sans retenue, je ferme les yeux et accepte cette marque de plaisir que ton corps tout entier me donne.

Tu trembles de manière convulsive, les mains toujours emmêlées à mes boucles sombres, mon front collé contre ton ventre, ton membre engloutis encore dans ma chaleur.

Je le sens peu à peu reprendre sa forme initiale, reposant sur le lit de ma langue, il se replie en douceur, tire sa révérence, je le laisse s’échapper avec un soupir à fendre l’âme.

Tu souris de ce fait avec espièglerie et tendresse, profitant de tes doigts bien agrippés à mes mèches rebelles pour m’attirer vers ton visage. Un rien insolent, tu poses ta bouche sur la mienne en un baiser impudique, mélangeant nos saveurs avec gouaille, je me laisse emporter par ce plaisir diffus qui me vient, engourdie de t’avoir donné et d’avoir ressenti aussi, beaucoup de plaisir durant cette étreinte indirecte.

Je repose un peu sur ta poitrine, abandonnée à ta bouche passionnée et délicieuse.

Tu m’entoures de tes bras comme je l’aime, avec force, fermeté et tendresse, en glissant des mots doux entre mes lèvres.

Je m’égare et réponds des phrases sans suite, te disant avec un brin d’humour combien je suis désolée de t’avoir tenue réveillé, des mon ange, des mots d’amante où je mêle ton prénom...

J’ai un peu sommeil maintenant, heureuse et fière, je me fonds entre tes bras, me sens femme alors que tu tires sur nous la couverture qui se trouve toujours sur le dossier du canapé…pour le « cas où » dans mes nuits blanches !''

January 29

Délacer

Enlaçant

Dentelé

D’un ruban

Dévoilé

L’ingénuité

Révélant

Féminité

Habillant

Volupté

Inspirant

---

Délace

Dé-dentelle

Fais bruisser

Lascivement

Révèles-en

L’ampleur

Peau attisant

Affolant

De femme fleur

Découvrant

---

Agaces

Entoure

Défroisse

La pointe

Hérissée

Soudain

Soupir

Velours

Si doux

Languissant

---

Frissonne

La chair

Empaumes

Amant

Embouches

Lascivement

Répands

Ardent

Les frissons

Incandescents

December 05

Mon paysage

 

Je suis de pleins, de collines et de bosses, je suis de courbes, de monts et de merveilles. Lorsque sur moi surgit un creux, soudain, il interpelle, le regard ou la main qui s’enhardit à aller voyager sur mon corps alangui, s’aventure langoureusement sur mes formes de contrebasse.

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De tout ce monde corporel qui me fait, je suis envieuse, comme amante de tout mon décor, je parcoure ici une hanche à l’ampleur affolante, là une cuisse rondement souple, et par ici, une fesse au renflement si doux. Et ce merveilleux outil de vie, de vices et de vertus, il me rend la pareille, avide de tout, jouissif, curieux il s’étale, comme un modèle de peintre envieux de femmes plantureuses plutôt que filiformes.

Et lorsque, prenant la pose, je laisse se dévoiler toute la splendeur d’un sein, alangui sous mes doigts, si plein je le retiens, souple renflement, douce protubérance, il n’y a pas un jour où je ne dis, ravie, de voir s’épanouir le moi jusqu’en dehors, exploser à la vie et s’étendre encore.

Je me réjouis à observer les vagues de mon ventre fou, qui a aimé, vécu, donné vie et aime encore, il s’est plissé, ne s’en plaint plus, il connaît bien des plaisirs et s’en nourrie, lorsque rondement il s’offre au soleil comme à l’amour. Et même dans ses remous de chair, qu’il sait si bien faire amplement, comme tout ce qu’il espère, frisson qui glisse,  serpente et se réveille jusqu’à la surface d’albâtre, c’est une tremblement de terre, presque de mère, il remonte et se répand, exulte en convexe, alors rien ne vaut d’avoir pour lieu de vie un tel paysage.

 

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Photo '' Into the Heart '' de ''Carper''

 

November 29

Une pensée

Un petit mot pour une âme envolée en ce jour...

 

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Caresser les pétales doucement

Atteindre les vents, les braver

Torrents fous déchaînés

Lentement s’apaiser

Envolée d’âme

Y revenir

Ailleurs

 

November 27

extrait d'un dernier texte

Merci à toi Montagne de me permettre d'écrire ainsi...

 

''Je ne sais pas depuis combien de temps tu observes ma danse, si tu as été témoin de ma jouissance, dont je sais quel plaisir tu tires chaque fois, comme je le fais des tiennes, tes yeux suivent mes pas qui viennent à toi, tu ne sembles pas surpris, le regard allumé autant que les lueurs dansant vivement devant toi, un sourire sur les lèvres.

 

Je sens la lave en moi faire sa route, dessiner des chemins fous et excitants, je découvre que partout où ton regard se pose le feu ravage la surface de ma peau jusqu’en dedans, rejoint mes os, mon fond et me fait réagir un peu plus.

 

Je baisse les yeux, suivant le mouvement des tiens, me laissant submergée de délices et découvre une trace lumineuse parant ma peau, elle se dévoile lentement, c’est toi qui habilles ainsi mes paysages, en parcoures chaque recoins.

C’est comme me laisser effeuiller page par page, te laisser effleurer mon grain, mon papier, ma couverture, te glisser entre mes chapitres, explorer mes paragraphes, toucher les mots, les points et mes virgules, comme autant de frôlements jouissifs, comme autant de plaisirs déshabillant ma gamme et mes rimes. Païenne à saveur bohème de poème graphiques.

 

Tu dessines des yeux la course de plaisirs bien peu innocents, tu en connais tant de routes que je me déroute, tu traces ouvertement tes envies, files ici et là, me fais frissonner, me tendre, envier, râler bientôt, alors que je me pare de mille lucioles florales, motifs qui se dévoilent, orchidées aux pétales alanguis venant orner ma peau autant que le plaisir hanter mes tréfonds. Jeu de flammes, de feu ici et là, d’oiseaux qui s’envolent en se consumant, je ne peux retenir un cri dans un spasme soudain, orgasme qui me saisit au vol comme un oiseau mythique.

Je deviens œuvre d’art, porte flambeau de tes pensées d’amant, d’homme, je reste sur la brèche, suivant des yeux la route de tes joues, de tes épaules, pense si fort au Loup sombre que tu es dans toute la lumière que tu m’es. Te voici orné d’animaux totems, de symboles lyriques, de tatouages fugaces et pleins de nos sens.

 

Je chuchote, tu trembles, je dessine à mon tour, motifs tribaux qui révèlent mes pensées, je paganise, te rends primitif autant que moi, nu et bataillant pour me parer plus vite et mieux, doux combat qui se dévoile, lutte puis abandon à la caresse magnifique que nous sommes devenus l’un pour l’autre.

 

Mascaret scintillant, je te pare de bleu nuit et me voici d’un rouge sombre comme le sang, tu t’illumines d’ambre, je frissonne sous la coloration cuivrée qui vient saisir mes sens autant que ma peau.

 

Je suis bientôt debout devant toi, je ne sais pas comment j’ai passé le feu, je m’en moque, les lions se retirent au rythme de la montée de tes mains sur mes hanches, je gémis, tremble, jouis de tes paumes caressantes, bientôt en étoiles sur la peau de mon ventre, tu as levé le visage, et plonges ton regard d’homme Loup dans le mien, je baisse les yeux, retiens mon souffle en voyant se déployer si bien un centre adoré, affolant de délices avoués, de gourmandises reconnues, de plaisirs fous et doux, bruts et tendres, tu es tendu comme un arc, mât que je tremble de sentir s’enfiler en moi... sceptre qu’ainsi tu offres à ma vue et mes désirs, de prêtresse à femme il ne se fait qu’un pas, les deux fusionnées si bien.

Images qui viennent égayer ta peau, mosaïques sauvages comme des coulées de sang, dont je retiens l’odeur métallique longuement, respirant l’air avec urgence.

Je retiens ma respiration, tu attires mes hanches, me fais venir à toi avec une lenteur affolante, les yeux plongés dans les miens, soudés, voilés d’envies.

 

Corps qui rejoint le tien, cuisses qui s’évadent, chorégraphie intuitive qui guide mes gestes et les tiens, jambes qui enlacent tes hanches, ventre qui vient effleurer le tien, seins qui frôlent des pointes ta poitrine, tu trembles, je frissonne, je sens palpiter ton sexe contre l’entrée d’un jardin aux milles couleurs maintenant, feu d’artifices, lumières concentrée autour de nos centres, je tangue, me retiens, tes mains sur mes hanches, qui m’amènent doucement... me rapproche inexorablement, c’est fort, puissant, immobiles un instant, comme attendant un signal, le feu se dresse brutalement, la musique des tam-tams changent, une foule tout autour dansent comme des ombres, je tourne les yeux, souris, lance un regard à la ronde, fièrement enlacée de tes bras, la poitrine insolente, offerte à ta bouche toute proche, et aux regards tout autour, Femme et sensuelle, je lève les bras, lentement au dessus de nous, joignant mes paumes et creusant les reins, comme un appel lascif, les flammes viennent comme un rideau nous lécher, nous parer de leur or et faire disparaître la foule provisoire et insolite... passage éclair de nuit celtique à nuit d’Afrique...

Tu aggripes mes hanches avec fougue en sentant glisser ton épée de chair entre mes jambes, tendue contre mon ventre, tu bascules le bassin, offrant un rythme, sachant que je ne résisterais pas à l’invite, fourreau que ma faille bientôt devenue, te laissant plonger dans la tourmente de mon temple...''

October 12

brûmes

De la paume, j’enlève la buée qui recouvre le miroir, me penche, observe mes yeux, encore troubles du plaisir pris quelques instants auparavant, sous le jet chaud. Je ferme les paupières quelques secondes, me laissant envahir de nouveau par un frisson, repensant à la route de mes doigts, glissant sans façon entre les pétales soyeux de mon sexe, fouillant avec adresse, et ardeur, rejoignant du pouce le clitoris tendu, avide, l’électrisant d’un mouvement lancinant, ample parfois, rapide et presque brusque à d’autres moments, me cambrant en exposant mes seins au jet tiède.

Je reviens à mon reflet dans la glace un peu floue, ma bouche s’y expose sans gêne aucune, petite rose rouge aux pétales entrouverts sous le plaisir et le désir de plus.

Je cambre la nuque, envoie la main en ballade, pince un mamelon qui réagit, se hérisse en faisant frissonner le derme tout autour.

Je file en étoile sur mon ventre, m’habille le con de toute une paume amante de ce corps aux pleins valons,  j’étale sur le pubis, effleure la forêt si légère, petite toison discrète, la peau en dessous s’émeut, les lèvres tirent leurs révérences, finissent de s’ouvrir et de donner envie de plus.

Je touche de l’index le clitoris, légère pichenette, il répond vite, avide, tendu, s’électrise, je râle sous la petite morsure spécifique puis recommence, tournoie, enlace, pince doucement, puis enfile un doigt curieux plus bas, et me sens me noyer et me répandre.

La porte s’ouvre, je reste ainsi, prise en flagrant délit de mes plaisirs érotiques en solitaire, tu poses les mains de part et d’autres de moi, sur le plan, enlaçant mon corps d’un mouvement, collant ta poitrine dans mon dos, encore humide, descendant le regard le long du reflet, t’arrêtes à ce que mes doigts disparaissent en rythme, puis reviens à mes yeux, souriant, complice.

Tu observes chaque mouvement, alors que de ta grande main, tu viens cueillir un sein, le soulève un brin, semble le soupeser puis en apprécier la douceur et la souplesse, fixes d’un œil allumé l’aréole, ample pétale rosé. Tu dessines des arabesques autour, la pointe se dresse, envieuse, j’imagine ta bouche y laisser une morsure légère, mordillement d’amant, aspiration lutine, langue curieuse, aventureuse.

Ton autre paume se dépose sur ma hanche, glisse sur la cuisse, vient en effleurer l’intérieur, je pose la nuque sur une épaule propice, profite du mouvement ferme, de la chaleur qui s’étend, des doigts qui s’étoilent, s’étalent, palpent et font tout un voyage sur mes courbes lascives. Puis voilà que tu rejoins ma main, menue sous la tienne, suis, le mouvement gracile de l’index qui joue toute une partition sur le pic, électrique, extatique, je regarde ton air assuré alors que tu vas enfiler très vite un doigt entre les replis de mon sexe, orchidée qui s’offre, lèvres qui s’esquivent, dévoilant une faille qui se gorge et espère plus d’audace.

Tu suis la fente, explores, fouilles, je geins, me cambre, en continuant d’accompagner le mouvement de mes propres doigts. Je tremble, ondule, incohérente soudain, accélère puis revendique, reprends un instant le contrôle de mes sens, puis te les cède dans un soupir extatique.

Les seins tendus, pointés vers le reflet encore embrumé, que tu délaisses, rejoins l’ampleur d’une fesse, pétris avec ardeur, tu glisses un doigt dans mon ventre et son jumeau gaucher viens apprécier le dessin qui se trace dans la cambrure, je frissonne, zone critique en remous microscopiques. J’envoie mes fesses butter contre ton ventre, emprisonnant ta main dans ses délires enviables. Tu souris, confiant, fronces un peu les sourcils, je ferme les yeux, tu viens déposer la bouche tout contre ma nuque ‟Ouvres les yeux petite Louve, regardes moi, quand je vais t’ouvrir et parcourir ton con autant que le reste de tes courbes.”

Je lutte, me montre perplexe, me hérisse un peu, puis anticipe, ne renie pas mes désirs de laisser tes mains me fouiller et me découvrir comme personne, frissonne, revenant onduler contre la main devant puis derrière, dans un geste d’invite instinctive.

Tu sembles sûr, je me raidis, mais redeviens vite attentive à ce qui laisse mon ventre se remplir de bien des désirs fous.

Sève qui se répand, tu enfiles tes doigts un peu plus, puis repousses les miens pour venir remplir ta paume de mon pubis, l’étale sur la plage de mon con comme une chaude couverte érotique. C’est bon, je profite, râle, me retiens contre toi, les jambes soudain fragiles.

Un doigt se risque, appuie puis agace le derme, pousse lentement sur le pic électrique, qui se tend, invite, veut et refuse, devient prix du plaisir. Je me cambre, tu plonges, tournoies, excites, je vois ton regard exprimer bien des envies et le mien se troubler d’envie. Je sais que sous peu je serais extatique, renversée sans façon, bousculée plus que de raison, je lutterai un moment, de nouveau, cabrée, puis je laisserai la vague me saisir et cette envie de te voir t’enfiler en moi comme jamais, prendre ton dû et me nourrir du tien, je sais que je jouirais de tes doigts autant que de ton membre, je le sais et pourtant j’en semble ignorer chaque fois combien ce sera plus puissant et plus intense, à perdre le nord et m’évaporer par chaque pore. Jouissance ultime, aléatoire, de mon ventre qui exulte et de mon corps qui se régale de toi, de ce doigt qui ajoute à mes délire, bientôt rejoint d’un second qui sait tout autant me rendre hystérique, enfilé sans façon dans ce que tu sais ton temple.

Pénétrer, effleurer, t’enfoncer et me faire me noyer, chercher un point magique, l’enjoindre à jouir sous tes doigts, avant de venir de poussées lentes et vigoureuses t’emparer de ce plaisir qui grimpe au fil des remous que tu provoques.

Je sais que je te veux planté alors même que tu prendras ton temps, que tu me feras râler d’en vouloir plus, de te vouloir plus, que tu retiendras chaque seconde, homme à n’en pas douter, sûr, animal, que tu avanceras centimètre par centimètre, que je rêverais de m’empaler et que tu retiendras mes hanches pour éviter que cette envie ne soit inéluctable dans sa réalisation. Je sais quelle douceur excitera tes sens, alors que la progression deviendra rituelle, que tu franchiras les étapes brûlantes et qu’enfin tu seras dans mon fond.Je bataillerai de mes sens, tu apprivoiseras sans doute, un peu anarchique, je livrerai combat pour pouvoir t’offrir bien plus, et tu feras pourtant lentement ta route, et lorsque je capitulerais, tu parviendras là, dans mes tréfonds et je jouirais de ne plus pouvoir supporter l’attente, tu repartiras, reviendras, laisseras, reprendras, et râlante je basculerais des hanches, le bassin envieux d’une cadence plus rapide et déjà heureux de celle que tu offres.

September 02

Plage

Une nouvelle qui a commencé ainsi... une ligne directrice offerte par un correspondant :

 

''Tu sens soudainement de l’eau fraîche qui est déversée sur ta tête……et encore ses mains qui rincent ton cuir chevelu… ton chemisier en soie est tout trempe. Pendant qu’il continue… toujours avec délicatesse et une certaine ferveur… il se colle au dossier de ta chaise tu sens alors dans le milieu de ton dos son membre bien dur… prêt a te surprendre. Tu te laisses alors emporte à rêver que cet inconnu te prenne avec douceur et fougue,  tes deux mamelons pointent, tu imagines ses mains……qui se baladent…''

 

Ma ''réponse'' suivit peu après :

 

''Le vent fait jouer quelques frisottis dans mes boucles humides, l’air semble plus frais ainsi, mais sa chaleur me comble dans mon dos, j’ignore encore tout de lui, ne sachant que le mouvement de ses doigts habiles, consciencieux et tendres, fermes et souples dans mes cheveux, il y a un instant.

Je le sens qui se faufile derrière moi, s’appuie sur le dossier, me ramène à lui. Je distingue maintenant ses jambes de chaque côté de la chaise longue, il porte un pantalon de toile beige et ses pieds sont nus dans le sable. L’une de ses mains se faufile autour de ma taille, s’en va enlacer mon corps avec une sorte de ferveur ardente, presque impatiente, je retiens mon souffle, j’ignore tout et pourtant je me sens bien ainsi. Je frissonne longuement en sentant sa bouche aller s’aventurer sur ma nuque, caresse que j’apprécie particulièrement, il joue un instant à mordiller tendrement, je n’ose parler de peur de rompre le charme, rêve ou réalité, je ne sais pas et ne veux pas savoir. La vague m’emporte, je veux plus, je gémis sous ses lèvres douces qui sont remontées jusqu’à mon oreille droite, je cambre la nuque et lui dit ainsi tout mon assentiment, je me laisse aller contre son torse, il cesse tout mouvement une seconde puis frissonne, la chemise mouillée sur sa poitrine, rafraîchissante, ma peau brûlante en dessous, je me consume de désir pour lui que je ne connais pas.

Sa Main droite franchit mon épaule, s’en va voleter sur mon visage, il fait connaissance avec l’arête de mon nez, mes joues rondes et mes yeux clos sous la douce pression des doigts curieux, puis il redessine ma bouche, j’attrape son index au passage, le mordille tendrement, en lèche le derme un peu rêche, s’imprègne de son goût... sel…

Il est tendu contre moi, je sens son membre gonflé contre ma peau, dans ma cambrure, blotti ainsi il m’offre son ardeur et pourtant tout le contour, chaque détail, le tout m’en est encore étranger. Je ne doute pas que cela n’est plus que question de temps, le vent se lève et envoie mes mèches dans son visage, je sens son odeur d’homme, de grand air, d’après-rasage ou de parfum, je ne sais rien de lui et pourtant mon cœur bat à tout rompre, jusque dans mes replis secrets de femme, chair qui aspire à plus de son corps.

J’ignore le goût de sa bouche, je la veux, mais j’ai une retenue de ne pas vouloir encore savoir qui il est, si son visage et ses yeux sauront me dire ce que ses mains ont amené comme plaisir, déjà.

Je baisse les yeux sur celle qui se retire de mon visage, son index qui quitte ma bouche, il a de belles mains, des mains d’homme qui en use avec raison et déraison, avec audace et sensualité, des mains aux paumes tendres et rudes aussi, peut être. Est-il coiffeur, ou aime-t-il simplement ce que de douceur offre cette parure des femmes, mes boucles sombres ont-elles attirées sont regard et son envie plus que de raison, sera-t-il l’amant que j’attends… je l’ignore, il est l’inconnu encore.

Sa main qui s’enfile dans le V de ma chemise, s’en va saisir un sein tendu, envieux de sa chaleur et de ses audaces, envieux de sa bouche, de sa peau tout contre, je délire en retenant un râle de plaisir, sa bouche tout contre ma joue, sa voix se révèle, je tremble. Il soupire soudain, son souffle chaud me frôle la peau, je me cambre et jouirais presque de cette brise légère comme un battement d’ailes de papillon.

Un simple attouchement follement érotique, je sens mon mamelon se tendre entre ses doigts, l’aréole se contracter et réclamer son dû, l’autre sein se montre jaloux sous le satin du bonnet qui le retient encore.

Il sourit, je sens ses lèvres sur ma peau, il sourit et cela me grise, il prend sans demander et je lui donne sans détour, sachant si peu de lui, et pourtant devinant tout de nos futurs corps à corps.

 

Sa main qui glisse sur mon ventre souple, s’enfile sous le chemisier mouillé autant que mon con, je profite de l’instant, je dépose mes doigts sur les siens et l'emporte, audacieuse petite étoile, elle le guide jusque cette barrière de tissu, il défait le zip, enfile sa main, je l’embarque, nos doigts enlacés pour une caresse impudique, nulle personne sur la plage, je me moque de ce qui nous entoure, je ne vois que l’eau et ses remous, ressacs légers qui viennent lécher le sable, j’en imagine imprimer le rythme à mon corps dans la danse des amants, il revient et se retire, son corps au dessus de moi, il plonge ses yeux dans les miens, je les clos sur le plaisir puis reviens à l’instant présent, sensuel et intense.

Son index provoque un remous, petit choc électrique, atteignant un petit pic magique, je me cabre, il me retient, je me détends et le laisse continuer le doux moment, je lui imprime un mouvement tendre sur le pieu minuscule il écoute et me rend la pareille, je défaille, il continue, je me cambre et laisse la vague m’emporter, jouissive, impudique, il me masturbe alors que je ne sais encore rien de lui.

Il arrête lentement tout mouvement, murmure des mots à mon oreille, cette voix mâle me trouble, chaude et un peu rauque, je voudrais pouvoir jouir de sa bouche pendant qu’il vient en moi comme un coquillage sur mes rives.

Il imprime un mouvement à mon bassin l’air de dire, tourne-toi. Je me tourne, fermant les yeux, les joues rosies d’une retenue soudaine, et me voilà face à lui, à son souffle tout contre ma bouche, il embrasse mes lèvres, les siennes me sont divines, je déguste la peau si douce, l’arc masculin et ferme, je dépose la langue et en apprends son goût et le dessin.

 

Il fait passer mes cuisses par dessus les siennes, m’enlaçant brusquement, collés comme amants déjà, je sens son sexe tout contre mon pubis, il découvre ma bouche, sa langue affole la mienne, je ne peux que répondre, je gémis de ce baiser, de ce que de goût de moi ses doigts ont du conserver, je veux faire l’amour ainsi au vent sous le ciel qui s’assombrit, le soleil qui décline au loin et le son de l’eau qui me grise. Je tremble soudain et il se retire, me laisse dériver un peu avant de revenir, je laisse mes lèvres faire connaissance avec son visage, comme ses doigts sur le mien tout à l’heure, je visite ses tempes, la courbe de ses joues, l’os du nez qui s’évase doucement, le front, j’apprends de lui lentement. Je descends le long de son cou, puis saisis de ma main la sienne, sa paume pour y goûter encore le sel, embrun marin qui s’est déposé comme un parfum sensuel.

Il frissonne, j’ouvre les yeux et plonge, ses yeux sont beaux, francs, vifs, sombres, je rougis sûrement de m’être laissée découvrir autant, mais il me sourit et déjà, déjà, sa bouche me manque, j’ai envie de lui et sais que je n’ai nul besoin de le lui dire, ses mains s’en vont cueillir mes reins, me retiennent tout contre son érection, je ne peux que comprendre le message, et donner suite à cette envie commune.

 Le ciel, au-dessus, son corps tout contre, le sable sous ses pieds, le vent dans mes cheveux, le sel sur nos peaux, et bientôt, bientôt nos corps à corps.''